Dolby Vision contre HDR10+ seul : le format qui décide
La fiche du TCL 55Q6C coche quatre formats de HDR : HDR10, HDR10+, HLG et Dolby Vision. Celle du Samsung 55QN80F en coche trois, les mêmes moins Dolby Vision. Samsung ne licencie ce format sur aucun de ses téléviseurs, c'est une position commerciale ancienne et assumée, pas un oubli de fiche.
HDR10+ et Dolby Vision fonctionnent sur le même principe : des métadonnées transmises image par image, qui indiquent à l'écran comment répartir sa lumière scène après scène. La différence n'est pas technique, elle est contractuelle. Dolby Vision couvre une part beaucoup plus large des catalogues de streaming et des Blu-ray UHD édités en France.
Concrètement, un film proposé en Dolby Vision sur Netflix sera affiché en Dolby Vision par le TCL et rétrogradé en HDR10 par le Samsung, sauf si l'éditeur a aussi fourni une piste HDR10+. Sur une dalle mini-LED d'entrée de gamme, cette rétrogradation se voit surtout dans les scènes sombres, où les détails des ombres se referment.
Il faut nuancer sur un point : aucune des deux fiches ne publie de luminosité de pic. Un format dynamique travaille d'autant mieux que l'écran a de la réserve, et à ce niveau de prix cette réserve est limitée des deux côtés. Dolby Vision est un avantage réel sur le TCL, il ne transforme pas sa dalle en référence HDR.
8,5 contre 8,4 : un dixième qui ne dit presque rien
Un dixième de note globale ne constitue pas un argument d'achat, et il serait malhonnête de le présenter comme tel. Les deux appareils sont dans le même peloton, et notre barème les sépare sur des pondérations, pas sur une faiblesse identifiée.
Le détail est plus instructif. Le TCL mène sur le son, 9,1 sur 10 contre 8,6, grâce à 40 W en 2.1 là où Samsung annonce 30 W en 2.2. Le Samsung mène sur la connectique, 9,0 sur 10 contre 7,8, et sur l'interface, qui lui vaut 8,5 sur 10 alors que Google TV ne reçoit pas de note distincte sur la fiche du TCL.
Ces deux avantages croisés s'annulent presque. Le critère qui finit par faire la différence est le rapport qualité-prix, 8,1 sur 10 pour le TCL contre 7,9 pour le Samsung, et il ne fait que traduire les cent euros d'écart.
529 € contre 629 € : où part la centaine d'euros
Le relevé place le TCL 55Q6C à 529 € et le Samsung 55QN80F à 629 €. Les deux affichent la même diagonale de 55 pouces et la même définition de 3840 x 2160 pixels, donc le supplément se lit entièrement dans les colonnes annexes.
Il finance quatre lignes : sept ans de mises à jour logicielles annoncées, un processeur d'image nommé NQ4 AI Gen3, une consommation publiée à 76 kWh pour 1000 heures en SDR avec une veille à 0,5 W, et une interpolation de mouvement annoncée à 144 Hz. Le TCL ne chiffre aucune de ces quatre valeurs, à l'exception de ses classes énergétiques F en SDR et G en HDR.
La question à se poser est donc celle de l'horizon. Sur trois ans, les cent euros vont à peu près nulle part. Sur huit ans, l'engagement de suivi logiciel devient le seul élément de ce duel qui aura encore un effet mesurable sur l'expérience d'usage.
40 W en 2.1 contre 30 W en 2.2 : le son de série
TCL annonce 40 W de puissance totale répartis en configuration 2.1, ce qui signifie deux voies plus un canal dédié aux basses fréquences. Samsung annonce 30 W en 2.2, soit deux voies et deux canaux de grave de puissance plus modeste. Dolby Atmos figure sur les deux fiches.
Nos notes séparent les deux approches : 9,1 sur 10 pour le TCL 55Q6C, 8,6 pour le Samsung 55QN80F. Dix watts d'écart ne doublent pas le volume, mais un canal de basses mieux alimenté change la tenue des dialogues dans un film d'action, là où un téléviseur plat se noie habituellement.
Dans les deux cas, le retour audio amélioré est présent, donc une barre de son se branche sans compromis sur un seul câble HDMI. Si votre budget prévoit cette barre dès le départ, la ligne devient secondaire et il faut relire les trois sections précédentes.
VRR, ALLM, FreeSync Premium Pro : le socle de jeu commun
Sur le jeu, les deux fiches cochent exactement les mêmes certifications : fréquence variable, basculement automatique en mode faible latence, et FreeSync Premium Pro, qui garantit la synchronisation de la fréquence d'affichage avec celle de la source. Les quatre entrées HDMI sont en version 2.1 de part et d'autre.
La seule asymétrie porte sur la dalle : 144 Hz natifs sur le TCL, 120 Hz natifs sur le Samsung avec une acceptation du signal jusqu'à 144 Hz. Pour une console limitée à 120 images par seconde en 4K, cette asymétrie reste théorique, et nos notes de jeu le reflètent avec 8,7 sur 10 contre 8,5.
Les deux partagent enfin la même lacune, et c'est celle qui gênerait le plus un joueur compétitif : aucune valeur d'input lag n'est publiée, ni par TCL ni par Samsung, pour ces deux références. Qui joue en ligne à haut niveau devra chercher cette donnée ailleurs dans le catalogue.
Verdict : le TCL pour le cinéma, le Samsung pour le salon familial
Prenez le TCL 55Q6C si le téléviseur sert à regarder des films. Dolby Vision, 40 W de son notés 9,1 sur 10, une dalle 144 Hz native, un contraste natif annoncé à 6000:1 et cent euros de moins : c'est le meilleur achat de ce duel pour une soirée cinéma, et sa note globale de 8,5 sur 10 le confirme.
Prenez le Samsung 55QN80F si l'appareil est un téléviseur de salon familial, allumé sur la télévision et les applications, que vous comptez garder longtemps et poser sur un meuble étroit. Le pied central, l'interface notée 8,5 sur 10, la connectique notée 9,0 et les sept ans de mises à jour forment un ensemble cohérent.
Si vous cherchez la vitesse plutôt que le format HDR, regardez le Samsung 55QN80H à 864,37 € : même interface, même absence de Dolby Vision, mais une dalle 144 Hz native qui accepte un signal jusqu'à 240 Hz, AirPlay 2 et une note de 8,8 sur 10 en jeu. Il coûte nettement plus cher que les deux et ne se justifie qu'avec un PC rapide.