Deux dalles mates sur neuf, contre 90 % du segment
Presque tout le marché applique un traitement mat antireflet : 90 % du segment. Chez LG, deux écrans sur neuf seulement le font, et quatre adoptent un revêtement brillant que 5 % du marché utilise. C'est un choix isolé dans le segment, et il n'a rien d'accidentel : il conditionne tout le reste de la fiche.
Une surface brillante ne disperse pas la lumière qui la traverse : les noirs sont plus profonds, les couleurs plus saturées, le piqué plus franc. Une surface mate fait l'inverse, elle diffuse les reflets et, au passage, une partie du contraste. LG a tranché pour l'image et non pour la pièce dans laquelle l'écran sera posé.
Le résultat est le plus net de tout le classement. Notre note de colorimétrie et d'usage professionnel pour la marque s'établit à 9,5, contre 7,15 pour la moyenne du segment : c'est l'avance la plus large qu'une marque obtienne sur un critère dans ce silo. Trois écrans sur neuf sont en 10 bits, contre 9 % du segment, et deux déclarent 98,5 % de DCI-P3.
Quatre écrans brillants, et ce que les reflets coûtent
La contrepartie est physique et sans remède logiciel. Sur une dalle brillante, une fenêtre située derrière vous se reflète, une lampe devient un point lumineux, un mur clair pose un voile gris sur les zones sombres. C'est le prix de la profondeur de noir, et aucun réglage de l'écran ne le rattrape : il faut déplacer le bureau ou fermer les rideaux.
Le second poste sacrifié est la garantie. Huit écrans LG sur neuf ne sont couverts que deux ans, contre 45 % du segment, quand Dell garantit trois ans sur quinze de ses vingt modèles et Acer sept ans sur six des siens. Sur une référence à 751,95 €, c'est la durée minimale du marché appliquée au tarif le plus élevé du classement.
Troisième retrait, le son : sept écrans sur neuf n'ont aucun haut-parleur intégré, contre 53 % du segment. Il faut donc prévoir un casque ou une enceinte, alors que Lenovo en équipe neuf de ses quinze modèles et Asus sept de ses dix. Sur un écran à plus de sept cents euros, l'absence se remarque.
109 points par pouce de médiane, contre 92 pour le segment
Le troisième écart de construction est la définition, et il va dans le même sens que la surface brillante. Deux écrans LG sur neuf seulement sont en Full HD quand 59 % du segment s'y arrête, soit un retrait de trente-six points. La densité médiane de la marque atteint 109 points par pouce contre 92 pour le marché.
Concrètement, le texte est plus fin et les interfaces tiennent plus d'informations à diagonale égale. C'est l'inverse exact du pari de Lenovo, qui étire 27 pouces sur 82 points par pouce pour huit de ses quinze modèles : LG resserre les pixels, Lenovo agrandit la surface. Les deux marques vendent un 27 pouces, elles ne vendent pas la même image.
La marque va aussi chercher la grande diagonale : trois écrans sur neuf mesurent 32 pouces, contre 9 % du segment. Le revers se pèse au sens littéral, puisque la médiane de poids avec pied s'établit à 5,91 kilogrammes contre 4,81 pour le segment. Il faut un plateau solide et un peu de profondeur de bureau.
De 139,90 € à 1 153,79 €, la seule gamme à dépasser 450 €
C'est la particularité tarifaire du classement. LG est la seule des six marques à proposer des écrans au-delà de quatre cent cinquante euros, avec le 32GS95UV-B à 751,95 € noté 8,4 sur 10, la meilleure note de notre base d'écrans, et le 39GS95QE-W à 1 153,79 € noté 7,6.
En face, Asus s'arrête à 429,99 €, Dell à 432,90 €, Lenovo à 290,66 €, Acer à 279,90 € et MSI à 259,99 €. Soit un écart de 1 013,89 € entre la référence la moins chère et la plus chère de la gamme LG, environ six fois l'amplitude de MSI, qui aligne pourtant vingt-trois modèles notés.
Ce haut de gamme masque le reste du catalogue. Le 27UP650K-W à 249,99 € obtient 7,2 sur 10 et le 27GS75Q-B à 202,21 € obtient 7,0 : deux bonnes affaires, bien placées dans le marché. En dessous de deux cents euros, en revanche, la gamme décroche nettement.
Deux OLED sur neuf, contre 2 % du segment
LG concentre l'OLED du segment : deux écrans sur neuf en sont équipés, contre 2 % du marché. Sur ce type de dalle, chaque pixel s'éteint individuellement, donc le noir est réellement noir, et le traitement brillant de la marque prend alors tout son sens puisqu'il n'y a plus de voile mat pour grisailler ce noir.
La vitesse suit sans être le sujet principal. La médiane de temps de réponse de la marque est de 1 milliseconde contre 4 pour le segment, et la médiane de fréquence atteint 180 Hz contre 144. Six écrans sur neuf sortent en DisplayPort 1.4, contre 43 % du marché, donc la chaîne tient jusqu'au câble.
La gamme est pourtant coupée en deux sur ce point : quatre écrans sur neuf annoncent 5 millisecondes, contre 13 % du segment. Autrement dit, la marque n'a pas de milieu de gamme en vitesse, soit une dalle à 1 milliseconde, soit une dalle lente. Notre note de gaming s'établit à 6,38 sur 10 pour 6,25 de moyenne, un avantage mince qui reflète exactement cette coupure.
Côté équipement, quatre écrans seulement n'ont aucune certification HDR, contre 64 % du segment : la marque certifie plus souvent que le marché. Notre note de fonctionnalités atteint 5,14 sur 10 contre 4,46, et c'est son deuxième avantage le plus net après la colorimétrie.
Trois écrans autour de 150 € à 5,2 et 5,3 sur 10
C'est le point faible, et il est brutal. Les trois références les moins chères de la marque obtiennent 5,3, 5,3 et 5,2 sur 10 : le 27U631A-B à 149,47 €, le 24U631A-B à 149,95 € et le 32MR50C-B à 148,46 €. Toutes trois passent sous la moyenne d'Acer, qui ferme le classement à 5,88 sur 10.
L'écart interne atteint donc 3,2 points entre le 32GS95UV-B et le 32MR50C-B. Chez Dell, dont la gamme compte vingt modèles, cet écart est de deux points et demi, et chez Lenovo de 1,8 point sur quinze modèles. Avec neuf références seulement, LG réussit à être la marque la plus dispersée du classement.
Le rapport qualité-prix est d'ailleurs le seul critère où elle passe sous le marché : 6,71 sur 10 contre 6,98. La lecture est simple, LG se choisit par le haut. Au-dessus de sept cents euros, elle est seule sur le segment ; autour de cent cinquante euros, le MSI PRO MP2412W à 91,32 € ou l'Asus VG249Q5R à 102,99 €, noté 6,7, coûtent moins cher et font mieux.