109 pixels par pouce contre 82 : la définition décide
L'Acer KG272UGBMIIPFX annonce 2 560 × 1 440 pixels sur 27 pouces, ce qui donne 109 pixels par pouce. Le Lenovo L27I-4A annonce 1 920 × 1 080 pixels sur la même diagonale, soit 82 pixels par pouce. Le même écran, la même taille, un tiers de points en plus d'un côté : à prix identique, c'est l'écart qui se voit le plus vite.
Ce que cela change se mesure en caractères. À 109 pixels par pouce, le texte a des bords lisses et un tableur affiche une colonne de plus par écran. À 82 pixels par pouce, les lettres montrent leur escalier de pixels, surtout sur les polices fines, et il faut souvent augmenter la taille d'affichage, ce qui annule le bénéfice de la grande diagonale.
Le bénéfice ne concerne pas que le travail. Une image, une carte de jeu ou une vidéo en haute définition occupent la même surface sur les deux écrans, mais l'Acer en affiche le détail et le Lenovo le dilue. Sur du contenu 1 440p, l'écart est immédiat ; sur du contenu 1 080p, l'Acer se contente de l'agrandir, ce qui est sans gain mais sans perte.
La contrepartie est un besoin de puissance : jouer en 2 560 × 1 440 demande environ deux fois plus de pixels à calculer qu'en 1 920 × 1 080. Si votre machine est modeste, le Lenovo tiendra ses 100 Hz plus facilement que l'Acer ses 120. C'est le seul argument sérieux en faveur de la définition basse, et il est réel.
6,5 contre 5,2 en qualité d'image : la définition ne gagne pas tout
Voici où le tableau peut tromper, et c'est spectaculaire : malgré sa définition inférieure, le Lenovo obtient 6,5 sur 10 en qualité d'image contre 5,2 sur 10 à l'Acer, pour une moyenne de catégorie à 6,4 sur 10. Un dépasse le lot, l'autre reste nettement derrière.
La raison tient en trois chiffres que le Lenovo publie et que l'Acer ne publie pas : 1 500:1 de contraste natif, 112 % de couverture sRGB et 300 nits de luminosité. En face, l'Acer annonce 250 nits et ne communique ni contraste ni couverture colorimétrique. Une donnée absente n'est pas une mauvaise donnée, mais elle ne peut pas être portée au crédit de l'écran, et un acheteur qui travaille la couleur n'a rien sur quoi s'appuyer.
Le Lenovo a toutefois sa propre faiblesse de dalle, et elle est sérieuse : 6 bits avec interpolation. Ce procédé reconstitue les couleurs manquantes par alternance rapide de teintes voisines, et il laisse des bandes visibles dans les dégradés. Avec 112 % de sRGB sur une dalle 6 bits, on obtient des couleurs vives mais pas des transitions propres.
En clair : le Lenovo affiche de plus belles couleurs sur une grille plus grossière, l'Acer une grille plus fine avec des couleurs non documentées. C'est un arbitrage, pas une hiérarchie.
Dix-neuf centimes, et sept ans de garantie contre deux
Le Lenovo L27I-4A est affiché à 139,71 €, l'Acer KG272UGBMIIPFX à 139,90 €. Dix-neuf centimes d'écart : pour une fois, un comparatif où le budget ne pèse littéralement rien dans la balance.
Nos notes de rapport qualité-prix sont aussi serrées : 6,9 sur 10 pour le Lenovo, 6,8 sur 10 pour l'Acer, pour une moyenne de catégorie à 7,0 sur 10. Les deux sont légèrement sous le lot, ce qui est cohérent : à ce tarif, la concurrence propose souvent plus de fréquence ou plus de mécanique.
Une ligne a pourtant une valeur monétaire bien réelle : l'Acer publie sept ans de garantie, le Lenovo deux. Sept ans sur un écran de cent quarante euros est un engagement inhabituel, et notre note de fonctionnalités en tient compte, 4,8 sur 10 pour l'Acer contre 4,0 pour le Lenovo, avec une moyenne de catégorie à 4,5 sur 10. Si vous gardez vos écrans longtemps, cette ligne vaut plus que bien des hertz.
Aucune synchronisation adaptative sur le Lenovo : 4,5 contre 6,0 en gaming
Troisième axe de séparation, et il est net : le Lenovo n'annonce aucune synchronisation adaptative, ni FreeSync ni compatibilité avec l'autre grande famille de cartes graphiques. L'Acer annonce un FreeSync standard. Sans synchronisation, le déchirement d'image réapparaît dès que le nombre d'images par seconde ne tombe pas pile sur la fréquence de l'écran.
Le reste de la comparaison va dans le même sens : 120 Hz et une milliseconde de temps de réponse pour l'Acer, 100 Hz et 6 millisecondes pour le Lenovo. Six fois plus lent, et 20 hertz de moins. Notre note de gaming chiffre le résultat : 6,0 sur 10 pour l'Acer, 4,5 sur 10 pour le Lenovo, quand la moyenne de la catégorie est de 6,2 sur 10.
L'Acer complète par une sortie DisplayPort en version 1.2 et deux entrées HDMI 2.0, là où le Lenovo n'a aucune DisplayPort et ne publie pas la version de ses deux entrées HDMI. Pour faire passer du 1 440p à 120 Hz, une DisplayPort est le chemin le plus sûr, et le Lenovo ne l'offre pas.
Une milliseconde et demie d'écart sur notre note de gaming, c'est la différence entre un écran avec lequel on peut jouer et un écran sur lequel on regarde. Si le jeu fait partie de vos usages, même occasionnellement, le débat s'arrête ici.
Aucune fixation VESA sur l'Acer : le détail qui change le montage
Voici la ligne que personne ne lit avant de commander, et qui coûte cher ensuite : l'Acer KG272UGBMIIPFX n'annonce aucune fixation VESA. Le Lenovo L27I-4A annonce un VESA 100 × 100 millimètres. Or ni l'un ni l'autre ne règle en hauteur, et notre note d'ergonomie leur accorde 5,0 sur 10 au Lenovo et 4,0 sur 10 à l'Acer, pour une moyenne de catégorie à 6,3 sur 10.
La conséquence est simple et définitive. Avec le Lenovo, vingt euros de bras de bureau corrigent la hauteur, l'inclinaison, la rotation et libèrent le plateau. Avec l'Acer, le pied d'origine est votre seule option, pour toujours. À cela s'ajoutent 5,07 kilogrammes contre 3,89 et un socle qui avance de 231,08 millimètres contre 181,5.
Les deux partagent en revanche des haut-parleurs intégrés, ce qui n'est pas si courant dans cette tranche de prix et évite d'acheter des enceintes pour un poste d'appoint ou une chambre. Ni l'un ni l'autre ne propose d'entrée USB-C vidéo, donc le branchement d'un portable passe par un adaptateur dans les deux cas.
Pour qui le Lenovo, pour qui l'Acer, et l'option à 169,90 €
Prenez l'Acer KG272UGBMIIPFX si vous travaillez sur du texte, du code ou des tableurs, et si vous jouez de temps en temps. Les 109 pixels par pouce, les 120 Hz, la milliseconde de temps de réponse, le FreeSync, la sortie DisplayPort et les sept ans de garantie forment un ensemble cohérent. Acceptez en échange de ne jamais pouvoir le monter sur un bras et de ne rien savoir de son contraste.
Prenez le Lenovo L27I-4A si cet écran sert à regarder des contenus dans une pièce peu éclairée et si vous voulez pouvoir le monter sur un bras. Ses 1 500:1 de contraste, ses 112 % de couverture sRGB, ses 300 nits et sa fixation VESA 100 × 100 millimètres lui valent 6,5 sur 10 en qualité d'image, le meilleur score du duel sur ce critère. Oubliez le jeu : 4,5 sur 10 en gaming et aucune synchronisation adaptative.
Ni l'un ni l'autre si vous pouvez ajouter trente euros. Le MSI MAG 274QF X24, relevé à 169,90 €, garde les 2 560 × 1 440 pixels et les 109 pixels par pouce, monte à 240 Hz avec 0,5 milliseconde, annonce 130 % de couverture sRGB et obtient 7,2 sur 10 au classement général, avec 9,4 sur 10 en colorimétrie et usage pro. Il ne règle pas davantage en hauteur, mais il accepte un bras VESA.
En une phrase : l'Acer est l'écran de travail, le Lenovo l'écran de salon, et le vrai perdant de ce duel est celui qui achètera l'Acer sans avoir lu la ligne de la fixation murale.