QLED contre LED-LCD : la couche de points quantiques et le volume de couleur
La fiche du Philips 75PQS7801 annonce une technologie de dalle QLED, celle du LG 75NU80 un LED-LCD. Le QLED n'est pas une autre famille d'écran : c'est un LCD auquel on ajoute un film de points quantiques entre le rétroéclairage et la dalle. Ce film convertit la lumière bleue des diodes en rouge et vert très purs, ce qui élargit la palette reproductible et, surtout, la maintient quand la luminosité augmente.
C'est ce dernier point qui compte en pratique. Sur un LCD sans points quantiques, pousser la luminosité d'une scène très lumineuse fait pâlir les couleurs : un coucher de soleil perd son orange, un maillot rouge devient rose. Avec une couche de points quantiques, la saturation tient mieux. Sur 75 pouces, où chaque défaut occupe beaucoup de surface, cette tenue des couleurs se remarque sans écran de test.
Aucune des deux fiches ne publie de couverture d'espace colorimétrique ni de luminosité de pic, donc aucun chiffre ne vient étayer l'ampleur de l'écart. Ce que l'on sait est de nature qualitative mais parfaitement documenté : l'un a une couche de points quantiques et l'autre non. C'est la seule différence structurelle d'image entre ces deux téléviseurs.
Les moteurs d'image portent des noms différents, P5 Picture Engine chez Philips, Alpha 7 AI 4K Gen9 chez LG. Les fiches s'arrêtent là : aucune des deux ne publie de luminosité, de contraste ni de couverture colorimétrique qui permettrait de départager ces deux processeurs. Toute affirmation sur la supériorité de l'un des deux moteurs relèverait donc de l'invention, et nous nous en abstenons.
Aucune donnée sonore publiée chez LG, 20 W et 7,8 sur 10 chez Philips
La fiche du Philips 75PQS7801 annonce 20 W de puissance sonore en configuration 2.0, avec décodage Dolby Atmos, ce qui lui vaut 7,8 sur 10 sur notre critère sonore. Celle du LG 75NU80 ne publie ni puissance, ni configuration d'enceintes, et aucune note de son ne figure sur sa fiche. Le Dolby Atmos y est en revanche explicitement absent.
Cette absence de données mérite d'être prise au sérieux plutôt que balayée. Un constructeur qui ne publie pas la puissance sonore de son téléviseur de 75 pouces ne met pas en avant ce chapitre, et il serait imprudent d'en déduire une bonne surprise. Ce que l'on peut affirmer sans inventer, c'est que le LG ne décodera pas les pistes Dolby Atmos des plateformes et les recevra repliées.
Les deux fiches disposent en revanche de l'eARC, donc le renvoi d'un flux audio vers une barre de son ou un ampli fonctionne également bien. Si une installation audio existe déjà dans votre salon, ce chapitre entier devient sans objet et l'avantage du Philips s'évapore. C'est le cas le plus favorable au LG.
À titre de repère, la moyenne de notre critère sonore sur les téléviseurs s'établit à 7,7 sur 10. Le Philips 75PQS7801, avec 7,8 sur 10, se place tout juste au-dessus : il n'est pas exceptionnel, il est simplement dans la norme avec un décodage Atmos. Pour un écran de cette taille, 20 W restent modestes et une barre de son demeure recommandable dans les deux cas.
749,99 € contre 749 € : quatre-vingt-dix-neuf centimes
Le LG 75NU80 est proposé à 749,99 € et le Philips 75PQS7801 à 749 €. L'écart tient en quatre-vingt-dix-neuf centimes, autant dire qu'il n'existe pas. Les notes de rapport qualité-prix sont elles aussi très proches, 6,8 sur 10 pour le Philips contre 6,7 pour le LG, toutes deux sous la moyenne de catégorie fixée à 7,0 sur 10.
Cette position sous la moyenne s'explique. À 75 pouces, le prix au pouce est favorable, mais l'équipement technique reste celui d'une entrée de gamme : 60 Hz, aucune entrée HDMI 2.1, 18 Gbps de bande passante, aucun gradateur local annoncé sur l'une ou l'autre fiche. Vous achetez de la surface, pas de la technologie, et c'est un choix parfaitement légitime quand l'objectif est le format.
Faut-il pour autant renoncer ? Non, si vous savez ce que vous achetez. Pour regarder du sport, des séries et de la télévision sur un écran immense dans une pièce éclairée, ces deux téléviseurs remplissent leur contrat. Dans ce scénario précis, l'absence de gradateur local se remarque à peine, puisque la lumière ambiante masque de toute façon la profondeur des noirs.
La vraie alternative n'est pas un autre 75 pouces, c'est un changement de diagonale. Le TCL 65Q6C se trouve à 649 €, soit une centaine d'euros de moins, avec une note globale de 8,4 sur 10, une dalle mini-LED, un gradateur local FALD, un contraste natif annoncé à 6 000:1, 144 Hz natifs et quatre entrées HDMI 2.1. Dix pouces de moins, une classe technique au-dessus.
6,8 sur 10 contre 6,4 en connectique : là où le LG passe devant
Notre note de connectique donne 6,8 sur 10 au LG 75NU80 contre 6,4 au Philips 75PQS7801, soit quatre dixièmes en faveur du LG, pour une moyenne de catégorie à 7,0 sur 10. C'est le terrain où le LG prend l'avantage, et il mérite d'être examiné de près puisque c'est le principal argument en sa faveur dans tout ce duel.
Les deux fiches annoncent le même nombre d'entrées, trois HDMI dont aucune au standard 2.1, la même bande passante de 18 Gbps, le même eARC, le même VRR et le même ALLM. La fiche du Philips ajoute pourtant deux ports USB, un Bluetooth 5.2, un Wi-Fi en norme 5 et un entraxe VESA de 200 x 100 mm, autant de lignes que celle du LG laisse vides.
Ce qui signifie que l'écart de note ne se lit pas directement dans les colonnes publiées, et qu'il faut le prendre pour ce qu'il est : un avantage de finition, pas une différence d'usage. Concrètement, avec deux ports USB d'un côté et aucun chiffre de l'autre, c'est plutôt le Philips qui offre la garantie documentée. Le tableau comparatif peut tromper sur cette ligne précise.
AirPlay 2 est coché sur les deux fiches, donc les possesseurs d'iPhone ou de Mac sont servis quel que soit leur choix. Le LG tourne sous webOS et le Philips sous Titan OS : le premier bénéficie d'un catalogue d'applications très large et d'une télécommande pointeur, le second d'une interface sobre et rapide. Aucune des deux fiches n'annonce de durée de mises à jour.
Deux dalles 60 Hz sans zones : la limite commune à 75 pouces
Avant de trancher, il faut poser ce que ces deux téléviseurs ne savent pas faire, et c'est exactement la même chose. Fréquence native 60 Hz, fréquence maximale 60 Hz, plafond de jeu annoncé à 4K 60 Hz, aucune entrée HDMI au standard 2.1, 18 Gbps de bande passante. Nos notes de gaming sont donc identiques, 6,7 sur 10 chacune, contre une moyenne de 7,4 sur 10 dans la catégorie.
Aucune des deux fiches n'annonce de gradateur local. Sur 75 pouces, cela signifie qu'une scène nocturne occupe une très grande surface d'un gris uniforme, et que les barres noires d'un film en format large restent visibles dans une pièce sombre. C'est le compromis assumé de cette tranche de prix, et il est identique chez les deux.
Le HDR10 et le HLG sont pris en charge des deux côtés. Le HDR10+ n'apparaît que sur la fiche du Philips, et aucun des deux ne décode le Dolby Vision. Donc sur Prime Video, le Philips exploite des métadonnées image par image que le LG n'a pas ; sur Netflix et Disney+, qui misent sur le Dolby Vision, les deux se rabattent sur le HDR10 statique.
Enfin, le tuner est annoncé en DVB-T2 avec décodage HEVC sur les deux fiches, avec les tuners câble et satellite. Pour un usage télévision classique, aucune des deux références ne vous mettra en difficulté, et c'est bien là que ces deux appareils donnent le meilleur d'eux-mêmes.
Verdict : le Philips pour l'image et le son, le LG pour webOS
Prenez le Philips 75PQS7801 par défaut. Sa dalle QLED, son HDR10+, son décodage Dolby Atmos avec 7,8 sur 10 sur notre critère sonore, ses deux ports USB, son Bluetooth 5.2 et sa classe énergétique E forment un dossier complet, pour quatre-vingt-dix-neuf centimes de moins que son adversaire. Sa note globale de 6,8 sur 10 contre 6,7 le confirme, de justesse mais dans le bon sens.
Prenez le LG 75NU80 si webOS est une condition. Son catalogue d'applications, sa télécommande pointeur et son moteur Alpha 7 AI 4K Gen9 et son avance de quatre dixièmes sur notre critère de connectique sont des raisons valables. Deuxième cas : une barre de son ou un ampli est déjà en place, ce qui annule l'avantage audio du Philips et laisse le match ouvert.
Pour un joueur, ni l'un ni l'autre. Dalle 60 Hz, aucune entrée HDMI 2.1, 18 Gbps, et 6,7 sur 10 en gaming de chaque côté : une console récente sera bridée à 4K 60 Hz. Si une PS5 ou une Xbox Series X est la raison de cet achat, changez de rayon avant de changer de modèle.
Pour un amateur de cinéma en pièce sombre, la réponse est ailleurs que sur cette page. Pour une centaine d'euros de moins, le TCL 65Q6C à 649 € apporte une dalle mini-LED, un gradateur local à zones, un contraste natif publié à 6 000:1, 40 W en 2.1 et une note globale de 8,4 sur 10. Dix pouces de diagonale en moins, mais une image d'une autre catégorie.