112 % de sRGB et 87 % de DCI-P3 contre 99 % de sRGB seul
La fiche du MSI MAG 245F X24 publie trois espaces colorimétriques : 112 % de couverture sRGB, 87 % de DCI-P3, 85 % d'AdobeRGB. Celle de l'Asus VG259Q5A en publie un, 99 % de sRGB, et s'arrête là. Ce n'est pas une nuance de catalogue : le DCI-P3 est l'espace dans lequel sont étalonnés les contenus vidéo modernes, et l'AdobeRGB celui de l'impression. Un écran qui ne les couvre pas ne peut pas les afficher correctement, quel que soit le réglage.
Notre barème traduit l'écart sans l'inventer : 7,3 sur 10 en qualité d'image pour le MSI, 6,5 sur 10 pour l'Asus. Huit dixièmes, sur un critère qui pèse un quart de la note finale, c'est ce qui explique à lui seul les trois dixièmes d'écart au classement général. La moyenne de la catégorie se situe à 6,4 sur 10 sur ce critère : l'Asus est dans la norme, le MSI passe devant.
Le MSI porte en plus une note de colorimétrie et usage pro de 6,3 sur 10, que l'Asus ne reçoit pas faute de données publiées. L'absence n'est pas un zéro, mais elle n'est pas neutre non plus : qui achète un écran pour y retoucher des photos a besoin de chiffres, pas d'un silence. La moyenne de la catégorie sur ce critère atteint 7,2 sur 10, donc le MSI reste en dessous du lot des écrans qui jouent cette carte.
Dernier point à verser au dossier : le MSI affiche 8 bits avec interpolation, l'Asus 8 bits natifs. Sur le papier, l'interpolation est le moins bon des deux procédés pour produire les dégradés. Dans les faits, les 13 points de couverture sRGB et les deux espaces supplémentaires du MSI comptent davantage que cette ligne, et notre note d'image le dit.
7,7 contre 7,7 en gaming : 240 Hz qui ne changent presque rien
Voici le passage où le tableau peut tromper. Le MSI annonce 240 Hz et 0,5 milliseconde de temps de réponse, l'Asus 200 Hz natifs et une milliseconde. Quarante hertz et un demi-milliseconde d'avance : on attendrait un écart net. Notre note de gaming donne 7,7 sur 10 aux deux, à la décimale.
L'explication est dans le reste de la ligne. Les deux écrans sont certifiés FreeSync Premium, les deux publient leur plage de synchronisation, 48 à 240 Hz pour le MSI et 48 à 200 Hz pour l'Asus, et les deux utilisent une dalle IPS en 1 080p. L'Asus annonce même une variante rapide de cette dalle. À ce niveau de fréquence, la différence entre 200 et 240 images par seconde ne se voit qu'avec une carte graphique capable de les produire, ce qui en 1 080p arrive plus souvent qu'on ne le croit, mais rarement sur les jeux qui justifient un tel écran.
Un détail joue en faveur de l'Asus et il est rarement mentionné : il déclare la compatibilité avec la synchronisation adaptative des deux grandes familles de cartes graphiques, là où le MSI n'annonce rien de ce côté. Le FreeSync fonctionne de toute façon sur les deux, mais une certification écrite évite les surprises au branchement.
Quatre-vingt-onze centimes d'écart : ce que le prix n'achète pas
Le MSI MAG 245F X24 est relevé à 108,99 €, l'Asus VG259Q5A à 109,90 €. L'écart est inférieur à un euro, c'est-à-dire inférieur au coût du câble DisplayPort que ni l'un ni l'autre n'est certain de fournir. Aucun argument de budget n'est donc disponible ici, et c'est précisément ce qui rend ce duel intéressant.
Nos notes de rapport qualité-prix confirment que les deux sont correctement positionnés : 7,9 sur 10 pour le MSI, 7,6 sur 10 pour l'Asus, pour une moyenne de catégorie à 7,0 sur 10. Les deux font mieux que le lot, le MSI d'un cheveu de plus. Personne ne se fait escroquer dans cette affaire.
Ce que l'écart de prix n'achète pas mérite d'être dit clairement : pas un pouce de plus, pas un pixel de plus, pas un réglage mécanique de plus, pas un port de plus. Les deux proposent deux entrées HDMI et une DisplayPort. Le choix se joue entièrement sur la nature de la dalle et sur l'équipement annexe.
Haut-parleurs, DisplayPort 1.4 et un pied moins profond pour l'Asus
L'Asus intègre des haut-parleurs, le MSI n'en a pas. Sur un écran à cent dix euros, personne n'attend un son de qualité, mais la différence est binaire : avec l'Asus, un PC fixe sans enceintes produit du son dès le branchement ; avec le MSI, il faut prévoir un casque ou des enceintes. Pour un poste d'appoint, une télévision de chambre d'étudiant ou un deuxième écran de visioconférence, cela tranche tout seul.
La version des connecteurs penche aussi du côté de l'Asus : DisplayPort 1.4 contre DisplayPort 1.2 sur le MSI. La bande passante de la version 1.2 suffit largement pour du 1 080p à 240 Hz, donc l'avantage est théorique aujourd'hui ; il devient concret le jour où l'écran sert de second moniteur en chaîne ou reçoit un signal compressé. À l'inverse, le MSI annonce la certification HDR10 que l'Asus ne revendique pas, et avec 300 nits de part et d'autre cette mention relève davantage de la compatibilité de signal que d'un vrai rendu à haute dynamique.
Notre note de fonctionnalités range tout cela : 4,8 sur 10 pour le MSI, 4,0 sur 10 pour l'Asus, pour une moyenne de catégorie à 4,5 sur 10. Elle penche vers le MSI malgré les haut-parleurs, parce qu'elle pèse aussi la garantie de deux ans explicitement publiée par MSI et l'étiquette HDR10. Si les enceintes vous importent, lisez cette note à l'envers : c'est le genre de critère qu'un barème général ne peut pas trancher à votre place.
Détail d'encombrement, pour qui a un bureau peu profond : le pied de l'Asus avance de 174 millimètres, celui du MSI de 220 millimètres. Quatre centimètres et demi gagnés, sur un bureau de soixante centimètres, se remarquent.
5,0 sur 10 en ergonomie des deux côtés : la limite partagée
Le socle commun est large et c'est l'essentiel de la prestation : 24 pouces, 1 920 × 1 080 pixels, 92 pixels par pouce, dalle IPS plate à revêtement mat antireflet, 1 000:1 de contraste natif, 300 nits, FreeSync Premium, deux entrées HDMI 2.0, une DisplayPort, fixation murale VESA 100 × 100 millimètres. La densité de 92 pixels par pouce est le bon compromis pour cette diagonale : le texte reste net sans obliger à mettre l'interface à l'échelle.
La limite est commune et elle est mécanique : ni l'un ni l'autre ne propose de réglage en hauteur, ni de pivot portrait. Notre note d'ergonomie leur accorde 5,0 sur 10 à tous les deux, pour une moyenne de catégorie à 6,3 sur 10. Les deux sont donc en dessous du lot sur ce point, et l'inclinaison est le seul réglage disponible.
Deuxième limite partagée : aucune entrée USB-C vidéo. Qui veut brancher un portable récent avec un seul câble, image et charge comprises, doit chercher ailleurs, et dans cette tranche de prix cela signifie accepter une dalle plus lente. Le compromis est structurel, pas propre à ces deux références.
Pour qui le MSI, pour qui l'Asus, et quand prendre un troisième
Prenez le MSI MAG 245F X24 si vous travaillez l'image, même en amateur : les 87 % de DCI-P3 et les 85 % d'AdobeRGB sont les seules données de ce duel qui ouvrent un usage que l'autre ne couvre pas. Prenez-le aussi si vous jouez sur une machine puissante et visez les 240 images par seconde en compétitif, et si vous n'avez pas besoin de son intégré.
Prenez l'Asus VG259Q5A si votre PC n'a pas d'enceintes et que vous ne voulez pas en acheter, si votre bureau est peu profond, ou si vous voulez une certification de synchronisation adaptative écrite noir sur blanc pour les deux familles de cartes graphiques. Sa note globale de 6,6 sur 10 reste solide et sa note de gaming de 7,7 sur 10 est identique à celle du MSI : vous ne perdez rien côté jeu.
Ni l'un ni l'autre si votre dos a un avis sur la hauteur de votre écran. Les deux plafonnent à 5,0 sur 10 en ergonomie. Dans ce cas, regardez l'Acer CB242YP6BIPR, relevé à 103,88 €, qui obtient 9,0 sur 10 en ergonomie avec réglage en hauteur et pivot portrait. Le prix à payer est explicite : 5,3 sur 10 en qualité d'image et 144 Hz au lieu de 200 ou 240.
En une phrase : le MSI gagne sur les chiffres et sur la couleur, l'Asus gagne sur le confort d'usage quotidien, et à quatre-vingt-onze centimes d'écart vous n'achetez pas un meilleur écran, vous achetez un écran différent.