5 000:1 contre 1 500:1 : plus de trois fois le contraste
Le MSI MAG 27CQ6FA annonce 5 000:1 de contraste natif. Le Dell P2726H, 1 500:1. Plus de trois fois l'écart, obtenu grâce à une dalle VA là où le Dell reste sur de l'IPS. Sur un plan nocturne ou un générique de film, la différence ne se discute pas.
Cet avantage se lit dans la note d'image : 7,1 sur 10 pour le MSI contre 6,4 pour le Dell, la moyenne de la catégorie étant justement à 6,4. Ajoutez 2 560 × 1 440 pixels contre 1 920 × 1 080, soit 109 points par pouce contre 82, et le MSI prend l'avantage sur deux lignes au lieu d'une.
La dalle VA a ses servitudes. Les angles de vision se dégradent plus vite qu'en IPS, ce qui se remarque dès qu'on partage l'écran à deux, et les couleurs vues de biais se délavent. Sur un poste individuel, bien face à la dalle, cette réserve n'a presque pas de portée.
80 % contre 99 % de DCI-P3 : la couleur échappe au MSI
Le Dell P2726H annonce 99 % de couverture sRGB et 99 % de DCI-P3, et obtient 7,0 sur 10 en colorimétrie, tout près de la moyenne de la catégorie qui atteint 7,2. Le MSI MAG 27CQ6FA se limite à 105 % de sRGB et 80 % de DCI-P3, et sa fiche ne porte aucune note sur ce critère.
Quatre-vingts pour cent de DCI-P3, c'est sous le niveau à partir duquel on peut parler de travail couleur. Un écran dans cette situation affiche correctement des contenus destinés au web et se trompe dès qu'il s'agit de vidéo ou de photo gérée en gamut large.
Le Dell ne se présente pas pour autant comme un écran de création : il n'annonce aucune calibration en sortie d'usine, et sa définition le plafonne. Disons-le franchement, le MSI est hors sujet sur la couleur, le Dell est acceptable, et aucun des deux n'est un écran de retouche.
Dalle incurvée contre pivot portrait : deux options incompatibles
Le MSI est incurvé à 1500R, le Dell est plat. Le Dell se règle en hauteur et pivote en portrait, soit 9,0 sur 10 en ergonomie ; le MSI ne fait ni l'un ni l'autre et s'arrête à 5,0, pour une moyenne de catégorie de 6,3.
Ces deux lignes se contredisent par nature. Une dalle incurvée ne se met pas en portrait, parce que la courbure deviendrait horizontale et déformerait l'image. Le choix ne se fait donc pas entre deux options d'un même écran, mais entre deux façons d'occuper un bureau.
Le MSI reste par ailleurs beaucoup plus léger, 3,96 kilogrammes contre 6,07, mais son pied est aussi plus envahissant, 250 millimètres de profondeur contre 192,28. Sur un meuble peu profond, le Dell passe mieux malgré son poids.
Même tarif, et 7,0 contre 6,7 en rapport qualité-prix
179,99 € contre 176,50 €. Le rapport qualité-prix donne 7,0 sur 10 au Dell P2726H et 6,7 au MSI MAG 27CQ6FA, pour une moyenne de catégorie de 7,0. Le Dell est donc pile dans la moyenne, le MSI juste en dessous.
Ces trois dixièmes se justifient par le pied. Un écran réglable en hauteur évite l'achat d'un bras articulé, qui représente ici une part notable du prix de la dalle. Le MSI, lui, fait reposer sa valeur sur sa dalle : 5 000:1 de contraste et 0,5 milliseconde de temps de réponse sous les 180 euros, ce n'est pas banal.
Le prix ne sert donc qu'à constater qu'il ne sert à rien. Les deux écrans coûtent la même chose et répondent à deux questions différentes : vous ne prendrez pas le moins cher, vous prendrez celui qui répond à la vôtre.
180 Hz contre 120 Hz, et ce qui manque aux deux fiches
Côté jeu, le MSI monte à 180 Hz avec 0,5 milliseconde de temps de réponse et FreeSync en version standard. Le Dell s'arrête à 120 Hz natifs, 5 millisecondes, sans aucune synchronisation adaptative. Les notes suivent : 6,8 sur 10 contre 4,8, pour une moyenne de catégorie de 6,2.
Le Dell garde l'avantage de la connectique avec son entrée USB-C et son concentrateur de deux ports USB, même si la puissance d'alimentation n'est pas publiée et qu'il n'annonce ni commutateur KVM ni prise réseau. Sa note sur ce critère, 5,9 sur 10, reste loin de la moyenne de la catégorie qui atteint 8,0.
Pour le reste, les deux fiches se ressemblent étonnamment : 300 nits de luminosité, aucune certification en haute dynamique, aucun haut-parleur, une sortie DisplayPort 1.4, trois ans de garantie, 4,0 sur 10 en fonctionnalités de part et d'autre. Le MSI ajoute deux entrées HDMI 2.0 là où le Dell n'en propose qu'une, en version 1.4.
Verdict : le MSI pour le soir, le Dell pour la journée
Films, séries, jeux solo, pièce sombre, poste individuel : le MSI MAG 27CQ6FA. Ses 5 000:1 de contraste et sa courbure de 1500R produisent une image que le Dell ne peut pas approcher, et ses 109 points par pouce ne gâchent rien. Un bras articulé sera nécessaire si la hauteur vous importe.
Bureau, texte, tableurs, visioconférence, portable branché en USB-C, écran regardé à deux : le Dell P2726H. Son pied réglable et pivotant, ses 99 % de DCI-P3 et son concentrateur USB construisent un poste de travail cohérent, à condition d'accepter 82 points par pouce.
Si votre métier touche à l'image, aucun des deux ne convient : 80 % de DCI-P3 d'un côté, 82 points par pouce de l'autre. Le LG 27UP650K-W, relevé à 249,99 €, obtient 7,2 sur 10 et 9,2 sur 10 en colorimétrie, avec une dalle 4K calibrée en sortie d'usine et une profondeur de couleur de 10 bits. C'est soixante-dix euros de plus, pour un autre métier.