Dalle IPS contre dalle non précisée : les angles contre le contraste frontal
La fiche du LG 55UA7500 indique explicitement un panneau de type IPS. Celle du Philips 55PUS7061 laisse cette ligne vide : elle annonce une dalle LED-LCD sans en préciser la famille. Ce n'est pas un détail de nomenclature. Un panneau IPS conserve la justesse de ses couleurs et sa luminosité jusqu'à des angles très ouverts, au prix d'un contraste frontal plus faible et de noirs qui tirent vers le gris bleuté.
Dans un salon, cette propriété décide de l'expérience réelle. Un canapé d'angle, trois personnes assises sur toute sa longueur, une table de repas sur le côté : avec un IPS, tout le monde voit la même image. Avec un panneau de type VA, les spectateurs latéraux voient une image délavée. Le problème est que la fiche du Philips ne dit pas lequel il utilise, donc ce risque existe sans qu'on puisse le mesurer.
À l'inverse, pour une soirée film rideaux tirés, assis en face, l'IPS devient un handicap. Les scènes nocturnes manquent de profondeur, les barres noires d'un film en format large deviennent grises. Et sur ce terrain, aucun des deux téléviseurs n'a de secours : ni le Philips ni le LG n'annonce de gradateur local, donc aucune zone ne peut s'éteindre pour compenser.
Un mot sur ce que les fiches ne disent pas, parce que c'est la limite de l'exercice : ni l'une ni l'autre ne publie de luminosité de pic, ni de taux de contraste, ni de couverture d'espace colorimétrique. Affirmer que l'un des deux a une meilleure image reviendrait à inventer un chiffre. Ce que l'on sait, c'est que l'un a un IPS assumé et que l'autre ne se prononce pas.
11,51 kg et 1 236 mm publiés d'un côté, aucune dimension de l'autre
Voici un avantage du LG 55UA7500 que l'on découvre en général le jour de la livraison. Sa fiche publie sa largeur, 1 236 mm, sa hauteur sans pied, 718 mm, et son poids sans pied, 11,51 kg. Celle du Philips 55PUS7061 ne donne aucune de ces trois valeurs. Pour savoir si un meuble de 1 200 mm convient ou si un bras mural supporte la charge, cela change tout.
L'entraxe de fixation murale diffère également : 300 x 200 mm pour le LG, 200 x 100 mm pour le Philips. Le premier correspond au standard que l'on trouve sur la majorité des supports vendus pour cette diagonale. Le second est plus serré, et tous les bras articulés ne descendent pas à un écartement vertical de 100 mm. Si l'écran part au mur, vérifiez votre support avant de commander le Philips.
Onze kilos et demi pour 55 pouces, c'est par ailleurs une valeur confortable : un montage à deux personnes suffit, et la plupart des supports inclinables acceptent cette charge sans difficulté. L'absence de donnée côté Philips oblige à peser soi-même ou à improviser, ce qui n'est jamais agréable avec un carton de cette taille entre les mains.
Ces considérations paraissent prosaïques à côté d'une comparaison de dalles. Elles décident pourtant d'un retour en magasin ou d'un achat de support supplémentaire, et le coût de cette erreur dépasse largement les cinquante-huit centimes qui séparent les deux tarifs.
399 € contre 398,42 € : cinquante-huit centimes et cinq dixièmes
Le Philips 55PUS7061 est facturé 399 €, le LG 55UA7500 un peu moins, 398,42 €. L'écart est de cinquante-huit centimes, soit zéro argument. En revanche les notes globales diffèrent franchement : 7,0 sur 10 pour le Philips contre 6,5 pour le LG. Pour le même billet, l'un délivre un demi-point de plus que l'autre sur notre barème.
Les notes de rapport qualité-prix confirment la hiérarchie, 7,6 sur 10 pour le Philips contre 7,1 pour le LG, quand la moyenne de la catégorie se situe à 7,0 sur 10. Les deux sont donc au-dessus du niveau habituel : un 55 pouces en 4K à moins de quatre cents euros reste une bonne opération, même sans gradateur local.
Ces cinq dixièmes de note globale ne viennent pas de l'image, faute de données publiées, mais de l'équipement. Le Philips coche le Dolby Atmos, le HDR10+, deux ports USB, le Bluetooth 5.2 et une classe énergétique E. Le LG ne coche aucun de ces cinq points et se trouve classé en G sur l'étiquette énergétique en usage SDR, soit deux crans plus bas.
Si le budget peut monter d'un euro, le TCL 55T6C se trouve à 399,99 € avec une note globale de 7,5 sur 10, une dalle QLED, le Dolby Vision et une luminosité de pic annoncée à 430 nits. Il perd AirPlay 2 et un port USB, mais il remporte l'essentiel des lignes d'image. C'est la comparaison à faire avant de valider l'un des deux téléviseurs de cette page.
HDR10+ et Dolby Atmos contre ni l'un ni l'autre
Sur les formats, le partage est net et toujours dans le même sens. Le Philips 55PUS7061 prend en charge le HDR10, le HDR10+ et le HLG, plus le décodage Dolby Atmos. Le LG 55UA7500 se limite au HDR10 et au HLG, sans HDR10+ et sans Atmos. Aucun des deux ne décode le Dolby Vision, donc les contenus Netflix dans ce format précis seront lus en HDR10 par les deux appareils.
Le HDR10+ apporte des métadonnées dynamiques, c'est-à-dire un réglage adapté scène par scène plutôt qu'un réglage unique pour tout le film. Sur Prime Video, qui privilégie ce format, l'écart se voit. Sur Netflix et Disney+, qui privilégient le Dolby Vision, il ne change rien puisque ni l'un ni l'autre ne gère le Dolby Vision.
Côté son, les deux fiches annoncent la même chose au watt près : 20 W en configuration 2.0, eARC présent. La seule différence est le décodage Atmos, coché chez Philips, absent chez LG, et cela se répercute sur notre critère sonore, 7,8 sur 10 contre 4,9. La moyenne de la catégorie étant de 7,7 sur 10, le Philips est dans la norme et le LG nettement en dessous.
Un détail de connectique à ne pas négliger : deux ports USB chez Philips, un seul chez LG. Avec un disque dur branché en permanence pour l'enregistrement de la TNT, le LG ne laisse plus de prise libre pour une clé. Notre note de connectique l'enregistre, 6,4 sur 10 contre 5,9, malgré un nombre d'entrées HDMI identique.
60 Hz, 18 Gbps et aucune zone : la limite partagée à 55 pouces
Il faut dire ce que ces deux téléviseurs ne font pas, et ils ne le font ni l'un ni l'autre. Fréquence native 60 Hz, fréquence maximale 60 Hz, plafond de jeu annoncé à 4K 60 Hz, trois entrées HDMI dont aucune au standard 2.1, bande passante limitée à 18 Gbps. Nos notes de gaming sont donc rigoureusement identiques, 6,7 sur 10 de chaque côté, contre une moyenne de 7,4 sur 10 dans la catégorie.
VRR et ALLM sont présents sur les deux fiches, ce qui gère le déchirement d'image et le passage automatique en mode jeu. Mais sans entrée HDMI 2.1 et sans bande passante au-delà de 18 Gbps, le 4K 120 Hz reste inaccessible. Une console récente fonctionnera, en 4K 60 Hz, et vous paierez un écran qui bride volontairement la moitié de ses capacités.
Aucune des deux fiches ne publie de valeur d'input lag. C'est une absence de donnée, et il faut la traiter comme telle plutôt que de supposer que les deux se valent. Pour un joueur compétitif, aucun des deux ne fournit l'information nécessaire pour décider, et ce duel n'est de toute façon pas le bon rayon.
Reste la base commune, qui est solide : tuner DVB-T2 avec décodage HEVC des deux côtés, tuners câble et satellite, AirPlay 2 présent sur les deux fiches, Wi-Fi en norme 5, eARC pour renvoyer le son vers une barre. Pour de la télévision, du streaming et des séries, les deux font le travail sans histoire.
Verdict : le Philips par défaut, le LG pour un canapé large
Prenez le Philips 55PUS7061 dans la configuration la plus courante : un salon où l'on s'assoit en face de l'écran, parfois dans la pénombre, sans barre de son. Sa note globale de 7,0 sur 10 contre 6,5, son HDR10+, son Dolby Atmos, ses deux ports USB et sa classe énergétique E en font le choix par défaut, pour cinquante-huit centimes de plus que l'autre.
Prenez le LG 55UA7500 si votre pièce impose les angles. Canapé d'angle, grande table, cuisine ouverte sur le salon : sa dalle IPS assumée garantit que l'image reste lisible depuis les places latérales, ce que la fiche du Philips ne promet pas. Deuxième cas d'usage : une fixation murale, avec un entraxe 300 x 200 mm courant, un poids publié de 11,51 kg et une largeur connue de 1 236 mm.
Si la soirée cinéma est la raison d'achat, regardez plutôt le TCL 55T6C à 399,99 €. Sa dalle QLED, son Dolby Vision, son HDR10+ et ses 430 nits annoncés lui valent 7,5 sur 10, et il ajoute trois entrées HDMI 2.1 absentes des deux autres. La contrepartie est l'absence d'AirPlay 2 et un seul port USB.
Enfin, si le noir profond est votre obsession, aucun des trois n'y répond : aucun gradateur local sur ces trois fiches. Pour des zones pilotées indépendamment, il faut accepter de changer de diagonale et de budget, et viser un mini-LED de 65 pouces comme le TCL 65Q6C, proposé à 649 €. À 55 pouces et quatre cents euros, le noir gris fait partie du contrat.