Dolby Vision d'un côté, HDR10+ seul de l'autre : le format qui décide
Les deux fiches cochent le HDR10, le HLG et le HDR10+. Une seule coche en plus le Dolby Vision, celle du TCL 55T6C. Ce format est aujourd'hui celui que privilégient Netflix, Disney+ et Apple TV, c'est-à-dire la très grande majorité des catalogues HDR auxquels un foyer français est abonné. Le Philips 55PUS7061, faute de le décoder, lit ces contenus en HDR10 statique.
La différence entre un format statique et un format dynamique est simple à comprendre. Le HDR10 applique un réglage de luminosité unique à tout le film, calculé sur la scène la plus lumineuse. Le Dolby Vision, comme le HDR10+, transmet des consignes image par image : une scène de nuit n'est plus bridée par le réglage calculé sur une explosion qui arrive une heure plus tard.
Sur une dalle de milieu de gamme, c'est précisément là que l'écart se creuse. Un téléviseur très lumineux peut encaisser un réglage statique approximatif. Un téléviseur dont la luminosité de pic est annoncée à 430 nits, comme le TCL, a besoin de ces métadonnées pour répartir intelligemment sa réserve de lumière. Le Philips, dont la luminosité n'est pas publiée, ne bénéficie de cette aide que sur les contenus en HDR10+.
Résumons le partage, parce qu'il est souvent mal compris. Sur Prime Video, qui diffuse en HDR10+, les deux téléviseurs sont à égalité. Sur Netflix, Disney+ et Apple TV, qui diffusent en Dolby Vision, le TCL 55T6C est seul à appliquer les métadonnées dynamiques. Pour un foyer abonné à ces plateformes, cette ligne de fiche technique justifie à elle seule le choix.
430 nits annoncés contre aucune luminosité publiée
La fiche du TCL 55T6C annonce une luminosité de pic de 430 nits. Celle du Philips 55PUS7061 ne publie aucune valeur de luminosité, ni de pic, ni en pleine page. Cette asymétrie d'information est en soi une information : un constructeur qui chiffre sa luminosité accepte d'être jugé dessus, un constructeur qui ne la chiffre pas refuse l'exercice.
Que valent 430 nits ? Ni une performance, ni une faiblesse : c'est le niveau courant d'un téléviseur de milieu de gamme sans rétroéclairage à zones. Cela suffit pour un salon aux rideaux mi-clos et pour du HDR raisonnablement lisible. Cela ne suffit pas pour une pièce plein sud en plein après-midi, ni pour un HDR spectaculaire avec des hautes lumières qui claquent.
Le point important, c'est que l'on peut le savoir avant d'acheter chez TCL et pas chez Philips. Si votre salon est très lumineux, une valeur publiée vous permet d'arbitrer, une case vide vous laisse découvrir le résultat une fois le carton ouvert. Pour un achat à distance, cette différence de transparence a une valeur concrète.
Les deux téléviseurs partagent en revanche la même limite majeure, et il faut le dire franchement : ni l'un ni l'autre n'annonce de gradateur local. Aucune zone ne peut s'éteindre indépendamment, donc les noirs restent gris dans une pièce sombre, et les 430 nits du TCL ne changent rien à ce point précis. Le Dolby Vision aide à répartir la lumière, il ne crée pas de contraste.
399 € contre 399,99 € : moins d'un euro et cinq dixièmes de note
Le Philips 55PUS7061 est facturé 399 € et le TCL 55T6C 399,99 €. Moins d'un euro d'écart, donc aucun arbitrage budgétaire possible. Ce qui diverge nettement, en revanche, c'est la note globale : 7,5 sur 10 pour le TCL contre 7,0 pour le Philips, soit cinq dixièmes pour la même somme.
Le rapport qualité-prix suit la même pente, 7,8 sur 10 pour le TCL contre 7,6 pour le Philips, les deux bien au-dessus de la moyenne de catégorie fixée à 7,0 sur 10. Un 55 pouces en 4K pour quatre cents euros avec Dolby Atmos et eARC reste un bon achat dans les deux cas : ce duel ne consiste pas à choisir entre une bonne et une mauvaise affaire.
Où part l'argent, de part et d'autre ? Vers la surface d'affichage, avant tout. À cette diagonale et à ce tarif, les constructeurs rognent sur le rétroéclairage, sur la fréquence et sur la puissance sonore, et les deux fiches en portent la trace : 20 W en 2.0 seulement, 60 Hz natifs, aucune zone de rétroéclairage. C'est le contrat, il est le même pour les deux.
Pour obtenir un vrai rétroéclairage à zones à un tarif raisonnable, il faut accepter de changer de diagonale. Le TCL 65Q6C est proposé à 649 € avec une dalle mini-LED, un gradateur local FALD, un contraste natif annoncé à 6 000:1, 144 Hz natifs et une note globale de 8,4 sur 10. Deux cent cinquante euros de plus, mais dix pouces de plus et une classe technique au-dessus.
Trois entrées HDMI 2.1 contre aucune : 7,0 sur 10 contre 6,4 en connectique
Les deux fiches annoncent trois entrées HDMI. Chez TCL, les trois sont au standard 2.1 ; chez Philips, aucune ne l'est. La bande passante est identique, 18 Gbps de part et d'autre, ce qui limite l'intérêt pratique de l'écart, mais notre note de connectique l'enregistre tout de même : 7,0 sur 10 pour le TCL 55T6C contre 6,4 pour le Philips 55PUS7061, pour une moyenne de catégorie à 7,0 sur 10.
La fréquence raconte la même histoire. Les deux dalles sont en 60 Hz natifs, mais le TCL accepte un signal jusqu'à 120 Hz quand le Philips reste plafonné à 60 Hz. Attention toutefois : la ligne de jeu des deux fiches annonce un maximum de 4K 60 Hz. La marge du TCL concerne donc les définitions inférieures et la fluidité de l'interface, pas le 4K 120 Hz d'une console récente.
Nos notes de gaming traduisent l'écart sans l'exagérer, 7,3 sur 10 pour le TCL contre 6,7 pour le Philips, quand la moyenne de la catégorie atteint 7,4 sur 10. Le TCL se place donc dans la norme et le Philips en dessous. VRR et ALLM sont présents sur les deux fiches, donc la synchronisation de l'affichage et le basculement automatique en mode jeu sont acquis des deux côtés.
Aucune des deux fiches ne publie de valeur d'input lag. Pour un joueur qui place la latence avant tout le reste, ni l'un ni l'autre ne fournit la donnée permettant de décider, et il faudra se tourner vers une référence qui la chiffre. Pour un joueur occasionnel, le TCL est devant, simplement parce que ses prises sont de la bonne génération.
Titan OS, AirPlay 2 et deux ports USB : ce que le Philips garde
Le Philips 55PUS7061 n'a pas perdu tous ses arguments, loin de là. Sa fiche coche AirPlay 2, absent de celle du TCL 55T6C, et annonce deux ports USB contre un seul. Elle publie également un Bluetooth 5.2, un Wi-Fi en norme 5 et une classe énergétique E en usage SDR, trois lignes que la fiche du TCL laisse vides.
AirPlay 2 n'est pas un gadget dans un foyer équipé d'iPhone, d'iPad ou de Mac. Envoyer une photo, une vidéo ou une séance de sport depuis son téléphone sur l'écran du salon, sans accessoire ni application tierce, fait partie des usages quotidiens. Le TCL exige un boîtier externe pour obtenir l'équivalent, ce qui ajoute un appareil et une prise HDMI occupée.
Les systèmes diffèrent aussi par leur philosophie. Titan OS, chez Philips, mise sur une interface sobre, rapide et sans mise en avant commerciale envahissante. Fire TV, chez TCL, apporte l'intégration Alexa, une télécommande vocale efficace et un accès direct à Prime Video, mais une page d'accueil nettement plus insistante sur les contenus sponsorisés. Aucune des deux fiches n'annonce de durée de mises à jour.
Deux ports USB contre un seul, enfin, change la vie de qui enregistre la télévision. Avec un disque dur branché en permanence sur le TCL, il ne reste plus aucune prise pour une clé. Sur le Philips, une place reste libre. Ce genre de détail n'apparaît jamais dans une publicité et pèse tous les jours.
Verdict : le TCL pour l'image, le Philips pour l'écosystème Apple
Prenez le TCL 55T6C si ce téléviseur doit d'abord servir à regarder des films et des séries. Le Dolby Vision, le HDR10+, les 430 nits annoncés, la dalle QLED à panneau VA, les trois entrées HDMI 2.1 et une note globale de 7,5 sur 10 contre 7,0 forment un dossier net. Sur les plateformes que la majorité des foyers utilise, il applique les métadonnées dynamiques et l'autre non.
Prenez le Philips 55PUS7061 si votre maison est équipée chez Apple. AirPlay 2 coché, deux ports USB, Bluetooth 5.2, classe énergétique E et l'interface Titan OS : c'est un ensemble cohérent pour un usage familial sans console, où le téléphone sert de télécommande et de source. Les cinq dixièmes de note globale perdus se rattrapent largement en confort quotidien dans ce scénario.
Pour un joueur, le TCL passe devant avec ses trois entrées HDMI 2.1 et ses 7,3 sur 10 en gaming contre 6,7, mais sans enthousiasme : les deux plafonnent à 4K 60 Hz et ni l'un ni l'autre ne publie d'input lag. Une console de nouvelle génération mérite une fiche qui monte à 4K 120 Hz, et aucune de ces deux-là ne le fait.
Pour une pièce sombre et un vrai noir, aucun des deux ne convient : ni gradateur local, ni zones, ni contraste publié. Il faut alors viser le TCL 65Q6C à 649 €, avec sa dalle mini-LED, son rétroéclairage FALD, son contraste natif annoncé à 6 000:1 et sa note globale de 8,4 sur 10. Changer de diagonale coûte plus cher que changer de marque, mais c'est ce qui change l'image.