Google TV contre My Home Screen : la ligne qui décide sur un achat à trois mille euros
Le Philips 65OLED908 tourne sous Google TV. Cela signifie un magasin d'applications partagé avec des millions d'appareils, une compatibilité par défaut avec les services de streaming existants et à venir, et des mises à jour applicatives assurées par les éditeurs eux-mêmes plutôt que par le constructeur.
Le Panasonic TX-65MZ1500E tourne sous My Home Screen, son système maison. Cette plateforme est déclarée par environ 1 % des modèles comparables, ce qui n'en fait pas un mauvais système mais un système isolé. Un éditeur qui arbitre ses développements regarde les parts d'installation, et une plateforme rare arrive en bas de la liste.
Sur un achat à plus de trois mille euros destiné à durer huit ou dix ans, c'est le risque le plus concret du duel. Vérifiez, avant de commander, que les services que vous payez chaque mois figurent bien au catalogue Panasonic. Si l'un manque, aucune qualité de dalle ne rattrapera la frustration.
9,0 sur 10 en HDR des deux côtés : pourquoi l'image ne départage pas
Les deux fiches déclarent une dalle OLED à extinction pixel par pixel, soit 8 294 400 points capables de s'éteindre indépendamment. Le contraste n'est donc pas un sujet de comparaison : il est théoriquement infini sur les deux, et c'est exactement ce que notre note de performance HDR enregistre avec 9,0 sur 10 pour le Philips 65OLED908 comme pour le Panasonic TX-65MZ1500E, pour une moyenne de catégorie de 7,1 sur 10.
Une différence existe pourtant dans ce que les constructeurs publient. Philips annonce 2 100 nits de pic lumineux sur cette référence. Panasonic ne publie aucune valeur de luminosité. L'absence de donnée ne permet pas de conclure que le Panasonic est moins lumineux, elle empêche simplement de l'affirmer dans un sens ou dans l'autre.
Sur la fréquence, l'écart existe mais il est modeste : 120 Hz natifs pour le Philips, 100 Hz pour le Panasonic, et 120 Hz de fréquence maximale pour les deux avec 120 images par seconde acceptées en 4K. Nos notes de jeu vidéo se tiennent à un dixième, 7,8 sur 10 contre 7,7 sur 10, pour une moyenne de catégorie de 7,4 sur 10.
Quatre-vingt-un watts en 3.1 contre cinquante watts en 2.1 : les dialogues
Le Philips 65OLED908 annonce quatre-vingt-un watts en configuration 3.1, c'est-à-dire avec un canal central. Le Panasonic TX-65MZ1500E annonce cinquante watts en 2.1, donc deux voies et un caisson, sans voie centrale. Nos notes de son intégré, 9,7 sur 10 et 9,5 sur 10, sont très au-dessus de la moyenne de catégorie de 7,7 sur 10.
Le canal central n'est pas un gadget : c'est la voie qui porte les dialogues au cinéma. Sur un film où les voix sont mixées bas et l'action haut, c'est la différence entre suivre une conversation et chercher la télécommande pour monter le volume.
Les deux dispensent d'une barre de son, ce qui est rare et mérite d'être dit. Mais si vous regardez beaucoup de films en version originale, le 3.1 du Philips rend un service que le 2.1 du Panasonic ne rend pas.
3 285,80 € contre 3 287,29 € : où part l'argent de chaque côté
Il y a 1,49 € d'écart, autant dire zéro. Les deux obtiennent d'ailleurs la même note de rapport qualité-prix, 6,4 sur 10, nettement sous la moyenne de catégorie de 7,0 sur 10 : à ce niveau de tarif, aucun des deux ne constitue une bonne affaire au sens arithmétique.
Philips facture l'écosystème et le son : Google TV, processeur P5 AI Perfect Picture Engine de septième génération, 2 100 nits publiés, quatre-vingt-un watts en 3.1, Wi-Fi 6, Bluetooth 5.2 et une connectique notée 8,1 sur 10 contre 7,7 sur 10 au Panasonic.
Panasonic facture le réglage et la légèreté : processeur HCX Pro AI, une réputation de colorimétrie fidèle à la sortie d'usine, et 19,01 kg sans pied contre 25,01 kg pour le Philips. Six kilos de moins, cela compte le jour de l'installation murale.
Deux HDMI 2.1 seulement : la limite partagée des deux OLED
Les deux appareils annoncent quatre entrées HDMI dont deux seulement en version 2.1. Sur un téléviseur de plus de trois mille euros, c'est une limite réelle : une console, un PC et une barre de son en retour audio amélioré, et les deux ports rapides sont déjà pris.
Le reste du socle est identique et complet : définition 4K, HDR10, HDR10+, HLG et Dolby Vision, Dolby Atmos, VRR, ALLM, liaison HDMI à 48 Gbps, retour audio amélioré, triple tuner satellite, câble et TNT, fixation VESA 300 x 300 mm et classe énergétique G déclarée en SDR pour les deux.
Aucun des deux ne publie de valeur de latence d'affichage, ni de durée de suivi logiciel. Sur une plateforme rare comme celle du Panasonic, cette seconde absence pèse plus lourd que sur une plateforme répandue.
Notre verdict : le Philips 65OLED908 sans angle mort, le Panasonic sous condition
Prenez le Philips 65OLED908 si vous ne voulez pas avoir à vérifier quoi que ce soit avant de commander. Google TV règle la question des applications pour la durée de vie de l'appareil, les quatre-vingt-un watts en 3.1 règlent celle des dialogues, les 2 100 nits publiés règlent celle de la lumière, et il obtient 8,1 sur 10 contre 8,0 sur 10. C'est le choix sans angle mort.
Prenez le Panasonic TX-65MZ1500E si vous êtes un cinéphile attaché au réglage d'usine de la marque, si vous avez déjà contrôlé que vos services existent sous My Home Screen, et si les six kilos de moins facilitent votre installation. Sa note de performance HDR à 9,0 sur 10 est identique à celle du Philips : vous ne sacrifiez rien sur l'image.
Et si ni l'un ni l'autre : le LG OLED65C6 est affiché 1 785 € et obtient 8,5 sur 10, soit une meilleure note pour environ mille cinq cents euros de moins, avec quatre entrées HDMI 2.1 au lieu de deux, 120 Hz natifs et webOS. À ce prix-là, la question n'est plus de savoir lequel des deux, mais pourquoi l'un des deux.