170 Hz natifs contre 100 Hz : l'écart que le tableau sous-estime
La fiche du Hisense 65UR9S annonce 170 Hz de fréquence native et 330 Hz de fréquence maximale. Celle du Philips 65PUS8808 annonce 100 Hz natifs et 120 Hz au maximum. Soixante-dix hertz d'écart sur la dalle elle-même, c'est-à-dire sur ce que l'écran peut afficher sans aide logicielle, et pas sur un chiffre de traitement.
La conséquence pratique se voit sur l'entrée du signal : le Hisense accepte 165 images par seconde en 4K, le Philips s'arrête à 120. Pour une console, les deux cochent la case du mode 120 images par seconde. Pour un PC de jeu, seul le Hisense suit, et il garde encore de la réserve.
Notre note de jeu vidéo chiffre l'écart : 8,9 sur 10 pour le Hisense 65UR9S contre 7,7 sur 10 pour le Philips 65PUS8808, pour une moyenne de catégorie de 7,4 sur 10. Un point et deux dixièmes sur le critère qui pèse le plus lourd après l'image, voilà ce que le tableau de caractéristiques laisse passer sans le commenter.
Mini-LED à 980 zones contre rétroéclairage classique : le second écart
Le Hisense 65UR9S déclare un rétroéclairage Mini-LED, 980 zones de gradation réparties sur toute la dalle et 3 500 nits de pic lumineux. Le Philips 65PUS8808 déclare un rétroéclairage à diodes classiques, également à zones réparties, mais ne publie ni leur nombre ni aucune valeur de luminosité.
Cette asymétrie documentaire a une conséquence directe sur nos notes : la performance HDR du Hisense 65UR9S est notée 6,4 sur 10, pour une moyenne de catégorie de 7,1 sur 10, tandis que le critère n'est pas noté sur le Philips faute de luminosité publiée. Il n'existe donc pas de note HDR à opposer à celle du Hisense, et nous ne prétendrons pas le contraire.
À 1 468,69 €, rester sur un rétroéclairage à diodes classiques est le choix structurel qui pèse le plus sur cette fiche Philips. Les 3 500 nits annoncés par Hisense découpés en 980 zones expliquent à la fois sa note HDR modeste et le fait qu'il reste devant : beaucoup de lumière, pas assez de zones pour la maîtriser.
1 468,69 € contre 1 469,92 € : un écart de 1,23 € et deux philosophies
Il y a 1,23 € d'écart. Cela ne finance rien, il ne compense rien, et il n'a aucune place dans la décision. Ce qui compte, c'est que deux marques dépensent la même somme sur deux postes opposés.
Hisense a tout mis dans la dalle et dans le son : Mini-LED, 980 zones, 170 Hz natifs, 3 500 nits, quatre-vingt-dix watts en configuration 4.1.2, trois entrées HDMI 2.1 sur trois, Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.4. C'est une fiche de démonstration, et elle assume son déséquilibre.
Philips a mis l'argent dans la chaîne de traitement et l'interface : processeur P5 Perfect Picture Engine en version quadricœur, Google TV, quatre entrées HDMI dont deux en version 2.1, quarante watts de son. Nos notes de rapport qualité-prix restent proches, 6,6 sur 10 pour le Philips et 6,7 sur 10 pour le Hisense, les deux sous la moyenne de catégorie de 7,0 sur 10.
Quatre-vingt-dix watts en 4.1.2 contre quarante watts : le son
Le Hisense 65UR9S annonce quatre-vingt-dix watts répartis en 4.1.2, soit quatre canaux principaux, un caisson de grave et deux canaux de hauteur. Le Philips 65PUS8808 annonce quarante watts en 2.0, donc deux voies et rien d'autre. Nos notes de son intégré, 9,7 sur 10 et 9,1 sur 10, sont toutes deux largement au-dessus de la moyenne de catégorie de 7,7 sur 10.
Six dixièmes d'écart sur la note pour un rapport de plus du double sur la puissance : cela mérite une explication. Le barème sature en haut, parce qu'au-delà d'un certain niveau de dotation, les téléviseurs se départagent sur des mesures que les constructeurs ne publient pas. Lisez donc les watts et la configuration autant que la note.
En clair, le Hisense peut remplacer une barre de son et le Philips peut se contenter d'en être dispensé pour les dialogues. Les deux se tiennent, mais seul le premier produit un effet de hauteur sans matériel supplémentaire.
Dolby Vision, HDR10+, Atmos et 65 pouces : ce que les deux partagent
Le socle commun est inhabituellement complet : définition 4K, HDR10, HDR10+, HLG et Dolby Vision, Dolby Atmos, gradation du rétroéclairage par zones réparties sur la dalle, VRR, ALLM, retour audio amélioré, liaison HDMI à 48 Gbps, triple tuner satellite, câble et TNT. Sur les formats, aucun des deux n'a de trou.
Les deux ont aussi la même classe énergétique déclarée en SDR, la lettre E, et le même encombrement à peu de chose près, 1 451 mm de large pour le Philips et 1 448 mm pour le Hisense. Si le meuble est juste, aucun des deux ne vous sauvera.
Et les deux ignorent la même donnée : la latence d'affichage n'est publiée ni par Philips ni par Hisense. Sur un duel qui se joue en partie sur le jeu vidéo, c'est frustrant, mais l'absence est symétrique et ne favorise personne.
Verdict : pour qui le Hisense 65UR9S, pour qui le Philips 65PUS8808
Prenez le Hisense 65UR9S dans presque tous les cas de figure. Il gagne la ligne qui décide avec 170 Hz natifs contre 100, il gagne le son avec quatre-vingt-dix watts contre quarante, il gagne la connectique avec 7,7 sur 10 contre 7,2 sur 10 et trois entrées HDMI 2.1 contre deux, et il obtient 7,8 sur 10 au global contre 7,5 sur 10. Au même prix, c'est net.
Prenez le Philips 65PUS8808 dans un seul cas : si Google TV est non négociable chez vous. Son catalogue d'applications est le plus large du marché et Vidaa, le système de Hisense, demande une vérification préalable de vos services. Ajoutez une chaîne de traitement d'image réputée et une quatrième prise HDMI, et vous avez l'essentiel de son dossier.
Et si ni l'un ni l'autre : le Hisense 65UR8S est affiché 1 440,62 € et obtient 8,3 sur 10, donc une note supérieure pour une trentaine d'euros de moins, avec un rétroéclairage Mini-LED à diodes RGB, 180 Hz de fréquence native, quatre entrées HDMI 2.1 et cinquante watts de son. À ce niveau de prix, c'est le modèle qui rend ce duel discutable.