7,8 sur 10 contre 4,9 en son : Dolby Atmos d'un côté, rien de l'autre
Les deux fiches annoncent la même puissance sonore, 20 W, et la même configuration d'enceintes, 2.0. Rien ne devrait séparer deux téléviseurs aussi semblables sur le papier. C'est le décodage qui change tout : le Philips 75PUS7061 prend en charge le Dolby Atmos, le LG 75UA7500 non. Sur les bandes-son des plateformes de streaming, qui encodent massivement en Atmos, l'un restitue le mixage prévu et l'autre reçoit une version repliée en stéréo.
Notre note sonore traduit cette différence par 7,8 sur 10 d'un côté et 4,9 de l'autre. Deux points et neuf dixièmes, c'est le plus large écart de toute la comparaison, et il porte sur le critère que personne ne regarde en magasin. À titre de repère, la moyenne sonore des téléviseurs de notre catégorie s'établit à 7,7 sur 10 : le Philips se place juste au-dessus, le LG très nettement en dessous.
La conséquence pratique est simple à chiffrer. Avec le LG, une barre de son devient une dépense à prévoir, et non une amélioration facultative. Comptez un budget supplémentaire pour revenir au niveau sonore que le Philips offre dès la sortie du carton, et les 699 € affichés par le LG 75UA7500 deviennent alors un prix de départ plutôt qu'un prix final.
Le même partage se reproduit sur les formats d'image. HDR10 et HLG figurent sur les deux fiches, mais le HDR10+ n'apparaît que sur celle du Philips. Ni l'un ni l'autre ne décode le Dolby Vision, donc aucun des deux ne gère les métadonnées dynamiques de Netflix ou de Disney+ dans ce format précis. Sur Prime Video, qui diffuse en HDR10+, le Philips exploite les métadonnées image par image et le LG se rabat sur le HDR10 statique.
Deux fois 6,7 sur 10 en gaming : pourquoi la ligne jeu ne départage pas
Rare égalité parfaite dans un duel : la note de gaming est identique, 6,7 sur 10 pour le Philips 75PUS7061 comme pour le LG 75UA7500. Ce n'est pas une coïncidence de calcul, c'est la conséquence de fiches techniques jumelles sur ce terrain. Fréquence native 60 Hz, fréquence maximale 60 Hz, plafond de jeu annoncé à 4K 60 Hz, trois entrées HDMI dont aucune au standard 2.1, bande passante 18 Gbps : les deux colonnes se superposent ligne pour ligne.
VRR et ALLM sont cochés des deux côtés, ce qui règle la question de la synchronisation de la fréquence d'affichage avec celle de la source et du passage automatique en mode jeu. Mais à 18 Gbps et sans entrée HDMI 2.1, le 4K 120 Hz reste hors d'atteinte pour l'un comme pour l'autre. Une PS5 ou une Xbox Series X fonctionnera, en 4K 60 Hz, et vous laisserez sur la table la moitié de ce que la console sait produire.
Aucune des deux fiches ne publie de valeur d'input lag. C'est une donnée absente, pas une donnée équivalente à zéro : si la latence est votre premier critère, il faut chercher une référence qui la chiffre, et ces deux-là ne la chiffrent pas. La note de gaming moyenne de la catégorie atteint 7,4 sur 10, soit sept dixièmes au-dessus de nos deux candidats : ce duel se joue sur un terrain où les deux concurrents sont modestes.
Conclusion de section, et elle est nette : si votre achat est motivé par une console récente, ni le Philips ni le LG ne doivent figurer sur votre liste. Le critère gaming pèse 20 % de notre note globale sur les téléviseurs, et les deux y récoltent exactement la même chose. Le duel se décidera donc ailleurs.
699 € de part et d'autre : l'argument tarifaire s'annule
Les deux téléviseurs sont relevés au même montant, 699 €. Il n'y a donc rien à arbitrer entre une image légèrement meilleure et quelques dizaines d'euros économisées : vous payez la même somme et vous choisissez simplement ce qu'elle achète. Dans un comparatif, c'est la situation la plus inconfortable pour le lecteur, et la plus confortable pour celui qui regarde les fiches dans le détail.
Les notes de rapport qualité-prix, elles, divergent : 6,9 sur 10 pour le Philips 75PUS7061 contre 6,3 pour le LG 75UA7500. À tarif identique, cet écart de six dixièmes mesure exactement ce que chacun met dans la boîte. La moyenne de la catégorie se situe à 7,0 sur 10 sur ce critère, donc les deux restent sous la barre : 75 pouces pour moins de sept cents euros se paie toujours quelque part.
Où se paie-t-il ? Sur le rétroéclairage. Aucune des deux fiches n'annonce de gradateur local, donc aucune zone pilotée indépendamment. Un fond noir reste gris sur les deux, et une scène nocturne perd ses détails sombres de la même manière. À ce tarif et à cette diagonale, c'est le compromis accepté, et il est honnête de le dire avant de parler de nuances.
Si vous pouvez attendre et ajouter cinquante euros, le Philips 75PQS7801 passe à 749 € avec une dalle QLED et conserve le Dolby Atmos. La diagonale et la définition ne changent pas, la restitution des couleurs oui. C'est la seule marche intéressante à franchir dans ce voisinage de prix.
Titan OS contre webOS : l'interface, deux USB et un Bluetooth 5.2
Le Philips 75PUS7061 tourne sous Titan OS, le LG 75UA7500 sous webOS. Deux systèmes maison, deux philosophies : webOS aligne un catalogue d'applications très complet et une télécommande pointeur que les habitués de LG ne veulent plus quitter, Titan OS va droit au but avec une grille d'applications sobre et un démarrage rapide. Aucune des deux fiches ne publie de durée de suivi logiciel, ce qui laisse la question de la longévité ouverte des deux côtés.
La connectique annexe penche du côté de Philips : deux ports USB contre un seul, Bluetooth 5.2 contre 5.0. Ce n'est pas spectaculaire, mais deux USB permettent de laisser un disque dur branché en permanence et d'en garder un libre pour une clé. Notre note de connectique sanctionne l'écart, 6,4 sur 10 pour le Philips contre 5,9 pour le LG, pour des fiches qui annoncent pourtant le même nombre d'entrées HDMI.
AirPlay 2 est présent sur les deux, donc un iPhone ou un Mac enverra son contenu sans accessoire quel que soit votre choix. Le Wi-Fi reste en norme 5 des deux côtés, ce qui suffit largement pour du 4K en streaming mais vous prive du gain de stabilité apporté par le Wi-Fi 6 dans un logement chargé en appareils connectés.
Un détail qui compte pour la télévision en direct : le tuner du Philips est annoncé en DVB-T2 avec décodage HEVC, celui du LG en DVB-T2 sans mention du HEVC. Pour la TNT française actuelle, les deux fonctionnent. Pour une évolution de norme, la mention explicite du HEVC est une assurance que l'une des deux fiches donne et l'autre non.
Classe E contre classe G, 23,51 kg publiés et un VESA 300 x 300
Sur l'étiquette énergétique en usage SDR, le Philips 75PUS7061 est annoncé en classe E et le LG 75UA7500 en classe G. Deux crans d'écart sur une dalle de 75 pouces, c'est-à-dire sur la surface qui consomme le plus dans un salon. Ni l'une ni l'autre des fiches ne donne la consommation en kilowattheures, donc impossible de chiffrer la facture : seule la classe permet de comparer, et elle penche clairement du même côté que le reste.
Le LG reprend la main sur un point que l'on oublie jusqu'au jour de l'installation. Sa fiche publie ses dimensions et son poids, 1 668 mm de largeur, 960 mm de hauteur sans pied, 23,51 kg sans pied, là où celle du Philips laisse ces lignes vides. Quand il s'agit de vérifier si un meuble convient ou si un support mural tiendra, une valeur publiée vaut mieux qu'une estimation.
Le standard de fixation murale diffère aussi, et nettement : 300 x 300 mm pour le LG, 200 x 100 mm pour le Philips. Un écartement de 200 x 100 sur un écran de 75 pouces est inhabituellement serré, et tous les supports du marché ne descendent pas aussi bas dans l'entraxe. Vérifiez la compatibilité de votre bras avant de commander le Philips, sous peine de racheter un support.
Le processeur d'image, enfin, porte des noms différents sans que les fiches permettent de les départager : Pixel Precise Ultra HD chez Philips, Alpha 7 Gen 8 AI 4K chez LG. Aucune des deux ne publie de luminosité de pic ni de taux de contraste, donc toute affirmation sur la supériorité de l'un des deux moteurs relèverait de l'invention. Nous nous en abstenons.
Verdict : le Philips, sauf si webOS et le mur commandent
Pour un salon où le téléviseur fait aussi office de chaîne hi-fi, et c'est le cas de la grande majorité des installations, prenez le Philips 75PUS7061. Le Dolby Atmos, le HDR10+, la classe énergétique E, les deux ports USB et le Bluetooth 5.2 forment un ensemble cohérent, et sa note globale de 6,8 sur 10 contre 6,3 résume l'affaire sans détour. À 699 € des deux côtés, se priver de tout cela n'a aucune justification.
Prenez le LG 75UA7500 dans trois cas précis. Premier cas : une barre de son ou un ampli home cinéma est déjà installé, et le décodage Atmos du téléviseur ne sert alors plus à rien. Deuxième cas : vous tenez à webOS, à son catalogue d'applications et à sa télécommande pointeur, et vous ne voulez pas réapprendre une interface. Troisième cas : vous montez au mur avec un bras en 300 x 300 mm, et vous voulez des dimensions publiées avant de percer.
Pour un joueur, aucun des deux. Les deux plafonnent à 4K 60 Hz, aucun ne possède d'entrée HDMI 2.1, et les 6,7 sur 10 identiques en gaming le disent sans ambiguïté. Une console de nouvelle génération mérite mieux, même s'il faut descendre en diagonale pour y parvenir.
Pour un amateur de cinéma dans une pièce sombre, regardez plutôt le Philips 75PQS7801 à 749 €. Sa dalle QLED, son moteur P5 Picture Engine et sa note de 6,8 sur 10 en font une marche supérieure pour cinquante euros de plus. Aucun des trois ne possède de rétroéclairage à zones, cela dit : le noir profond, à 75 pouces, se paie plus cher que ce budget.