Mini-LED à zones contre QLED sans gradation publiée : le vrai écart
La fiche du Samsung 75QN80F est explicite sur deux lignes qui vont ensemble : rétroéclairage Mini-LED, et gradation locale de type FALD, c'est-à-dire des zones réparties sur toute la surface de la dalle et non sur ses bords. Concrètement, une zone peut s'éteindre pendant que sa voisine reste allumée, et c'est toute la différence entre un noir et un gris foncé.
La fiche du Philips 75PQS9001 annonce une dalle QLED, donc une couche de points quantiques qui élargit le spectre de couleurs. Elle ne renseigne en revanche aucun type de gradation locale, et aucune luminosité de pic. Ce n'est pas la preuve qu'il n'y en a pas : c'est une donnée absente, et une donnée absente sur le poste le plus structurant d'un téléviseur à cristaux liquides reste un risque que l'acheteur porte seul.
Les points quantiques et la gradation du rétroéclairage ne jouent pas au même endroit. Les premiers travaillent la saturation des couleurs, surtout visible sur une image claire. La seconde travaille le contraste local, surtout visible sur une image sombre. Sur 189 cm de diagonale, une scène de nuit sans gradation se traduit par un voile uniforme qui remonte sur toute la surface.
8,3 sur 10 des deux côtés : pourquoi la note ne départage rien
L'égalité de note n'est pas un hasard d'arrondi, c'est une compensation. Le Samsung 75QN80F prend l'avantage en connectique avec 9,0 sur 10, quand le Philips 75PQS9001 obtient 8,1 sur 10 sur le même critère, pour une moyenne de catégorie établie à 7,0 sur 10. Les deux sont donc très au-dessus du lot, avec un léger avantage Samsung.
Le Philips reprend ailleurs ce qu'il a cédé là. En jeu vidéo, il obtient 8,8 sur 10 contre 8,5 sur 10 au Samsung. En son intégré, 9,1 sur 10 contre 8,6 sur 10. Additionnez les pondérations, et les deux appareils retombent exactement au même endroit.
Attention à une asymétrie du tableau : notre barème attribue une note de plateforme logicielle au Samsung 75QN80F, 8,5 sur 10 pour One UI Tizen, et n'en attribue pas au Philips 75PQS9001. L'absence de note n'est pas une mauvaise note, c'est une ligne non évaluée. Il serait malhonnête de lire la première comme un avantage chiffré sur la seconde.
1 058 € contre 1 059 € : ce qu'un euro d'écart achète vraiment
Un euro d'écart sur un achat à quatre chiffres, c'est la définition même d'une non-information. Personne n'a jamais choisi un téléviseur de 75 pouces pour une pièce jaune. Il faut donc regarder où chaque marque a mis son argent, et les deux ne l'ont pas mis au même endroit.
Samsung l'a mis dans la structure de l'image et dans la durée : Mini-LED à zones, processeur NQ4 AI Gen3, certification FreeSync Premium Pro, consommation de veille publiée à 0,5 W, consommation annoncée à 76 kWh pour mille heures en SDR, et sept ans de mises à jour logicielles annoncées.
Philips l'a mis dans la souplesse du signal et dans le son : 240 Hz de fréquence maximale, 165 images par seconde acceptées en 4K, Dolby Vision, quarante watts de puissance sonore contre trente, Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.4. Sa classe énergétique est publiée en F.
240 Hz et Dolby Vision : les deux lignes où le Philips reprend la main
Le Dolby Vision est absent de toute la gamme Samsung, et cette référence ne fait pas exception : le Samsung 75QN80F prend HDR10, HDR10+ et HLG, pas le format de Dolby. Le Philips 75PQS9001 prend les quatre. Si l'essentiel de votre consommation vient de Netflix, de Disney+ ou d'Apple TV, où le Dolby Vision est très présent, c'est une ligne concrète et pas une case à cocher.
Sur la fréquence, les deux dalles rafraîchissent nativement à 120 Hz. L'écart est ailleurs : le Samsung plafonne à 144 Hz de fréquence maximale et à 144 images par seconde en 4K, le Philips monte à 240 Hz de fréquence maximale et accepte 165 images par seconde en 4K. Pour une console, les deux suffisent largement. Pour un PC de jeu branché en direct, le Philips garde de la marge quand le Samsung n'en a plus.
Cet avantage se lit dans notre note de jeu vidéo, 8,8 sur 10 pour le Philips 75PQS9001 contre 8,5 sur 10 pour le Samsung 75QN80F, alors que les deux alignent quatre entrées HDMI 2.1 sur quatre, le VRR et l'ALLM. L'écart ne vient donc pas du nombre de prises mais de ce qui passe dedans.
Quatre HDMI 2.1, 4K et HDR10+ : le socle commun et la limite partagée
Le socle est large et il représente l'essentiel de la prestation : définition 4K, HDR10, HDR10+ et HLG, Dolby Atmos, VRR, ALLM, quatre entrées HDMI dont quatre en version 2.1, retour audio amélioré, triple tuner satellite, câble et TNT. Sur le papier comme dans le salon, ces deux appareils font le même travail dans la grande majorité des usages.
La limite est commune elle aussi, et elle coûte de l'argent : trente watts d'un côté, quarante de l'autre, sur une dalle de 189 cm de diagonale. Nos notes de son intégré, 8,6 et 9,1 sur 10, sont bonnes au regard d'une moyenne de catégorie de 7,7 sur 10, mais elles qualifient une dotation, pas un volume de pièce. Prévoyez une barre de son dans le même panier, quel que soit votre choix.
Autre point commun moins agréable : aucune des deux fiches ne publie de valeur de latence d'affichage. La donnée manque des deux côtés, elle est donc neutre dans l'arbitrage, mais elle interdit de trancher sur ce terrain.
Verdict : pour qui le Samsung 75QN80F, pour qui le Philips 75PQS9001
Prenez le Samsung 75QN80F si vous regardez des films dans une pièce que vous pouvez assombrir, si vous gardez vos appareils longtemps et si l'engagement de sept ans de mises à jour vous parle. La gradation du rétroéclairage par zones et la connectique notée 9,0 sur 10 sont deux arguments vérifiables, pas des promesses d'emballage.
Prenez le Philips 75PQS9001 si votre consommation passe par Netflix, Disney+ ou Apple TV, parce que le Dolby Vision y est massivement utilisé et que Samsung ne le prend pas. Prenez-le aussi si vous branchez un PC de jeu : 240 Hz de fréquence maximale et 165 images par seconde en 4K laissent une marge que son concurrent n'a pas.
Et si ni l'un ni l'autre : le TCL 75Q6C est affiché 999 € et obtient 8,3 sur 10, la même note que ces deux-là, avec un rétroéclairage Mini-LED à zones, 144 Hz de fréquence native, quatre entrées HDMI 2.1 et quarante watts de son. Il additionne la gradation locale du Samsung et une fréquence native supérieure, pour moins cher. C'est le modèle à regarder avant de valider l'un des deux.