48 Gbps contre 18 Gbps : la bande passante avant tout le reste
Les deux fiches annoncent trois entrées HDMI. Mais celle du TCL 43T69C précise 48 Gbps de bande passante et trois entrées au standard 2.1, celle du Philips 43PUS7061 indique 18 Gbps et aucune entrée à ce standard. Trois prises d'un côté, trois prises de l'autre, et un rapport de près de trois entre les débits disponibles : voilà exactement le genre de détail qu'un tableau comparatif rend invisible.
Quarante-huit gigabits par seconde correspondent au plein débit du HDMI 2.1. C'est ce qui permet de transporter du 4K à haute fréquence, du 4K en 12 bits, ou un signal avec couche HDR dynamique sans compression. Dix-huit gigabits par seconde correspondent au HDMI 2.0, suffisants pour du 4K à 60 images par seconde en 10 bits, et rien au-delà.
Faut-il en conclure que le TCL affiche du 4K 120 Hz ? Non, et il est important de ne pas survendre cette ligne : sa dalle est en 60 Hz natif comme en maximal, et son plafond de jeu annoncé est de 4K 60 Hz, comme celui du Philips. La bande passante ne sert donc pas à dépasser 60 images par seconde, elle sert à les transporter sans compression et à encaisser des flux plus riches en couleur.
Là où l'écart devient immédiatement concret, c'est sur les fonctions associées au standard 2.1. Notre note de gaming le reflète, 7,0 sur 10 pour le TCL 43T69C contre 6,7 pour le Philips 43PUS7061, pour une moyenne de catégorie à 7,4 sur 10. Trois dixièmes seulement, car la dalle bride les deux de la même manière, mais ces trois dixièmes vont tous dans le même sens.
Trois entrées au standard 2.1 contre aucune, et pourtant 6,4 sur 10 contre 6,3
Voici le paradoxe de ce duel, et il mérite une explication complète. Notre note de connectique place le Philips 43PUS7061 devant, 6,4 sur 10 contre 6,3 au TCL 43T69C, alors que le TCL a des entrées HDMI d'une génération plus récente et presque trois fois plus de bande passante. Un dixième seulement, mais dans le sens inverse de ce que la ligne HDMI laissait attendre.
L'explication tient aux autres prises. Le Philips annonce deux ports USB contre un seul chez TCL, un Bluetooth 5.2 contre 5.0, et AirPlay 2 que la fiche du TCL ne mentionne pas. Trois lignes à son avantage, qui compensent arithmétiquement l'avance du TCL sur le HDMI. Le critère de connectique additionne toutes les prises et toutes les normes sans hiérarchiser leur importance pour votre usage.
C'est précisément là que le tableau comparatif trompe. Si vous branchez une console, un PC ou un lecteur Blu-ray 4K, les 48 Gbps du TCL valent infiniment plus que le second port USB du Philips, et la note de connectique vous dira pourtant l'inverse. Si vous ne branchez rien d'autre qu'une antenne, c'est le Philips qui a raison. Le même dixième d'écart signifie deux choses opposées selon le foyer.
Un point commun à ne pas perdre de vue : les deux annoncent l'eARC, le VRR et l'ALLM, et les deux disposent du Wi-Fi en norme 5. Les bases de la connexion et de la synchronisation d'image sont donc couvertes de part et d'autre, et aucune des deux fiches ne publie de valeur d'input lag.
298 € contre 299 € : un euro et deux dixièmes de note
Le TCL 43T69C demande 298 € quand le Philips 43PUS7061 se facture 299 €. Un euro d'écart, donc rien à arbitrer côté budget. Les notes globales, elles, donnent 7,3 sur 10 au TCL contre 7,1 au Philips, et les notes de rapport qualité-prix 8,1 sur 10 contre 8,0, toutes deux très largement au-dessus de la moyenne de catégorie fixée à 7,0 sur 10.
Ces notes élevées en rapport qualité-prix sont justifiées. Un 43 pouces en 4K avec Dolby Atmos, eARC, VRR, ALLM et une interface moderne pour moins de trois cents euros représente beaucoup d'équipement par euro dépensé. Le format 43 pouces est d'ailleurs celui où ce rapport est le plus favorable, parce que la dalle coûte peu et que les fonctions sont les mêmes qu'un cran au-dessus.
Ce que ces trois cents euros n'achètent chez aucun des deux : une dalle au-delà de 60 Hz, un rétroéclairage à zones indépendantes, une luminosité de pic publiée, une durée de mises à jour annoncée. Le Philips précise explicitement n'avoir aucun gradateur local, et la fiche du TCL n'en mentionne pas davantage. Les noirs resteront gris dans une pièce sombre, chez l'un comme chez l'autre.
Et voici l'information la plus utile de cette page : au même tarif de 299 €, le Philips 43PUS8200 obtient 7,4 sur 10, soit mieux que les deux modèles comparés ici. Il apporte 48 Gbps de bande passante, trois entrées HDMI 2.1, un gradateur local edge-lit, deux ports USB, AirPlay 2 et une consommation annoncée à 45 kWh pour 1 000 heures. Chez la même marque, au même prix, il n'y a aucune raison de préférer le 43PUS7061.
Dalle HVA et 10 bits publiés contre une dalle sans type précisé
Le TCL 43T69C annonce une dalle QLED avec un panneau de type HVA et une profondeur de couleur en 10 bits. Le Philips 43PUS7061 annonce une dalle LED-LCD sans préciser la famille de son panneau et ne publie aucune profondeur de couleur. Sur une comparaison d'image, l'un donne trois informations vérifiables et l'autre une seule.
Le panneau HVA appartient à la famille des dalles à contraste frontal élevé, avec des angles de vision plus étroits en contrepartie. Pour un téléviseur de 43 pouces installé dans une chambre, un bureau ou une cuisine, où l'on se place généralement face à l'écran, c'est le bon compromis. L'absence d'indication côté Philips signifie simplement qu'on ne saura pas avant d'allumer l'appareil.
Dix bits par canal représentent plus de nuances disponibles par couleur primaire, donc moins de bandes visibles dans un dégradé de ciel ou sur un mur uniforme. Associée à la couche de points quantiques du QLED, cette ligne forme un ensemble tourné vers la restitution des couleurs, là où le Philips n'avance aucun argument de ce type.
Le TCL ajoute le Dolby Vision, absent de la fiche du Philips, en plus du HDR10+ que les deux partagent. Sur Netflix, Disney+ et Apple TV, c'est le TCL qui applique les métadonnées scène par scène. Sur Prime Video et son HDR10+, les deux sont à égalité. Aucune des deux fiches ne publie de luminosité de pic, donc l'ampleur réelle de l'écart HDR n'est pas chiffrable.
5,51 kg et 72 mm d'épaisseur publiés contre aucune dimension
La fiche du TCL 43T69C publie ses mesures : 957 mm de largeur, 558 mm de hauteur sans pied, 72 mm d'épaisseur, 5,51 kg sans pied et 5,81 kg avec. Celle du Philips 43PUS7061 ne donne aucune de ces valeurs. Pour vérifier qu'un meuble ou un support mural convient avant de commander, une mesure publiée vaut mieux qu'une estimation faite au jugé.
Les entraxes de fixation diffèrent également : 200 x 200 mm pour le TCL, 200 x 100 mm pour le Philips. Le premier est le standard que l'on trouve sur la quasi-totalité des supports vendus pour cette diagonale. Le second, plus serré en vertical, demande de vérifier la compatibilité du bras avant l'achat, sous peine de devoir en racheter un.
Cinq kilos et demi pour un 43 pouces, avec 72 mm d'épaisseur, c'est léger et fin : une seule personne peut l'installer et l'écran se plaque proprement contre un mur. Sans donnée côté Philips, impossible de savoir si le montage sera aussi simple, et c'est le genre de surprise que l'on découvre le carton ouvert.
Sur l'étiquette énergétique, en revanche, le Philips reprend la main : classe E en usage SDR contre classe G pour le TCL, qui annonce par ailleurs 54 kWh pour 1 000 heures. Le Philips ne publie pas de consommation chiffrée, donc la comparaison s'arrête à la lettre, mais deux crans d'écart sur l'étiquette penchent clairement de son côté.
Verdict : le TCL, et un détour obligatoire par le Philips 43PUS8200
Entre ces deux téléviseurs, prenez le TCL 43T69C. Ses 48 Gbps de bande passante, ses trois entrées HDMI au standard 2.1, sa dalle QLED à panneau HVA, ses 10 bits annoncés, son Dolby Vision, ses dimensions publiées et sa note globale de 7,3 sur 10 contre 7,1 forment un dossier plus complet, pour un euro de moins. Le Philips 43PUS7061 ne gagne que sur la connectique annexe et sur l'étiquette énergétique.
Prenez le Philips 43PUS7061 dans un cas précis : un foyer Apple sans aucune source externe. AirPlay 2 coché, deux ports USB, Bluetooth 5.2, classe énergétique E, le tout sous Titan OS. Si l'écran ne reçoit qu'une antenne et des applications, et que l'iPhone sert de source principale, ses 6,4 sur 10 en connectique contre 6,3 sont alors mieux orientés que ceux du TCL.
Mais le vrai conseil de cette page est ailleurs. Au même tarif de 299 €, le Philips 43PUS8200 obtient 7,4 sur 10 et cumule ce que les deux autres ont séparément : 48 Gbps et trois entrées HDMI 2.1 comme le TCL, AirPlay 2 et deux ports USB comme le 43PUS7061, plus un gradateur local edge-lit qu'aucun des deux n'a et une consommation annoncée à 45 kWh pour 1 000 heures. Il lui manque seulement le Dolby Vision.
Pour un joueur, aucun des trois n'est un écran de jeu : dalle 60 Hz, plafond annoncé à 4K 60 Hz, aucune valeur d'input lag publiée. Les 48 Gbps servent la qualité du signal, pas la fluidité. Si une console récente est la raison de l'achat, il faut viser une fiche qui monte à 4K 120 Hz, ce qui suppose un autre budget et souvent une autre diagonale.